Islam : Trois fédérations du CFCM décident de signer une Charte voulue par le gouvernement

RELIGION Elles avaient initialement refusé de signer ce texte, dénonçant un manque de concertation et un risque de défiance envers les musulmans

20 Minutes avec AFP
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Détail de la grande mosquée de Paris.
Détail de la grande mosquée de Paris. — ISA HARSIN/SIPA

L’ambiance était tendue depuis plusieurs semaines au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), plombée par des divergences de vues sur les exigences du ministère de l’Intérieur, notamment sur la création d’un Conseil national des imams.  Gérald Darmanin avait accentué la pression en annonçant la « mort » du CFCM le 13 décembre. En guise de réponse, trois fédérations ont annoncé samedi leur décision de signer la « Charte des principes de l’islam de France », un texte voulu par le gouvernement et qu’elles qualifient de « compromis perfectible ».

« Par cet acte solennel nous invitons en toute fraternité l’ensemble des fédérations membres du CFCM au rassemblement au sein de cette unique instance qui est et restera notre maison commune, nous en sommes convaincus », indiquent dans un communiqué commun les fédérations turques du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et du Millî Görüs ainsi que le mouvement Foi et Pratique, proche des prédicateurs rigoristes du Tabligh.

Réaffirmer la « compatibilité » de l’islam avec la République

La « Charte des principes pour l’islam de France » réclamée par l’exécutif, qui proscrit « l’ingérence » d’Etats étrangers et réaffirme notamment la « compatibilité » de l’islam avec la République française ou bien l’égalité hommes-femmes. En janvier 2021, quand les dirigeants du CFCM annonçaient avoir trouvé un accord sur cette charte, le CCMTF, CIMG France et Foi et Pratique avaient refusé de la signer, critiquant un manque de consultation en amont du texte et son contenu, et avaient estimé qu’il risquait de « fragiliser » la confiance à l’égard des musulmans.

Les trois fédérations étaient toutefois restées au sein du CFCM, interlocuteur historique des pouvoirs publics sur le culte musulman, alors que quatre autres, dont la Mosquée de Paris, avaient décidé de quitter le bureau du CFCM et de créer une « Coordination ». La « divergence » exprimée par les trois fédérations a été « dangereusement instrumentalisée pour donner lieu à un climat de division néfaste aux musulmans de France », écrivent-elles pour expliquer leur initiative destinée à « s’affranchir d’une responsabilité qui nous est injustement attribuée ».

« Notre préoccupation majeure est d’œuvrer à l’unité des musulmans de France et à la cohésion nationale dans le respect des principes et des valeurs de la République, battue en brèche dans ces moments difficiles », assurent-elles.