Coronavirus : N’y a-t-il vraiment que 40 malades pour 100.000 habitants en France ?

FAKE OFF C’est l’affirmation faite par Laurent Toubiana, chercheur à l’Inserm, sur CNews le 23 décembre

Maïwenn Furic
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Le chiffre annoncé par le chercheur Laurent Toubiana correspond uniquement aux remontées du réseau Sentinelles.
Le chiffre annoncé par le chercheur Laurent Toubiana correspond uniquement aux remontées du réseau Sentinelles. — Capture d'écran
  • A quelques heures des fêtes de Noël, les chiffres du Covid-19 n’ont jamais été aussi élevés. Pour la première fois depuis le début de la pandémie en France, la barre des 90.000 cas positifs par jour a été franchie.
  • Pour autant, le chercheur à l’Inserm, Laurent Toubiana, a affirmé sur CNews qu’il y avait seulement 40 malades pour 100.000 habitants dans le pays. Des propos largement repris sur les réseaux sociaux.
  • 20 Minutes vous explique à quoi correspond ce chiffre, très faible par rapport aux remontées du terrain.

Le passage de Laurent Toubiana, chercheur à l’Inserm, sur CNews jeudi 23 décembre a fait réagir sur les réseaux sociaux. Il intervenait au sujet de la montée des cas de  Covid-19 et du  variant Omicron. « Les chiffres rapportent 40 malades en une semaine pour 100.000 habitants en France », a-t-il déclaré.



Une information qui a interpellé de nombreux internautes compte tenu des dernières données qui font état de plus de 90.000 cas détectés en 24 heures dans le pays, un record depuis le début de la pandémie. Sous la publication  Twitter de la chaîne d’informations, partagée plusieurs milliers de fois, certains ont mal interprété le chiffre. Ils en ont déduit, à tort, qu’il s’agissait du nombre total de malades du Covid-19 en France.

FAKE OFF

Comme il l’a indiqué lors de sa prise de parole, le chercheur Laurent Toubiana s’appuie sur des chiffres du réseau Sentinelles. Il s’agit d’un réseau, composé d’environ 1.300 généralistes volontaires répartis sur tout territoire, qui est chargé de faire remonter des données de santé, essentiellement des maladies infectieuses, à des fins de recherches et d’études épidémiologiques.

A la deuxième page du bulletin hebdomadaire, il est effectivement possible de lire que pour la semaine du 13 au 19 décembre, « le taux d’incidence des IRA [Infection respiratoire aiguë] dues au SARS-CoV-2 (COVID-19) vues en consultation de médecine générale a été estimé à 39 cas pour 100.000 habitants ».

Mais les données du réseau Sentinelles sont intégrées à la surveillance nationale globale coordonnée par Santé publique France, et donc, ne recense pas les données relatives au Covid-19 dans le milieu hospitalier ou en Ehpad. Le chiffre annoncé par Laurent Toubiana ne doit donc pas être confondu avec celui de la totalité des malades du Covid-19 en France.

Le point épidémiologique publié sur le site de Santé publique France pour la semaine 50, sur laquelle se base le chercheur, fait état d’un taux d’incidence de 550 cas pour 100.000 habitants. Une hausse de 8 % par rapport à la semaine précédente. Des données qui incluent le chiffre annoncé par Laurent Toubiana qui représente uniquement les cas relevés par la médecine générale.

Au 20 décembre, ces indicateurs étaient déjà en légère hausse avec un taux d’incidence de 565,2 cas pour 100.000 habitants. A noter qu’il s’agit d’un taux qui englobe toute la population. C’est pour la tranche d’âge des 30 à 39 ans qu’il est le plus élevé avec 838,2 cas pour 100.000 habitants. Des chiffres qui sont voués à augmenter compte tenu du record du nombre de personnes positives atteint le 23 décembre.