Noël : « Ce virus gâche tout », « Un repas en 10 min et au lit à 21 heures »… Positifs au Covid-19, leur réveillon est annulé

BAD MOOD C’est la mauvaise blague de fin d’année… Un réveillon à la maison, sans chapon ni tonton Gaston

Delphine Bancaud
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Le coronavirus va gâcher les fêtes de Noël de certains Français.
Le coronavirus va gâcher les fêtes de Noël de certains Français. — Pixabay
  • Santé publique France a enregistré en moyenne sur les sept derniers jours 52.885 nouveaux cas quotidiens de Covid-19. Et ce n’est pas fini, car beaucoup de Français se font tester avant Noël.
  • Ceux qui sont testés positifs se préparent déjà à un réveillon tristounet.
  • Nos lecteurs dans cette situation se sont confiés à nous. Certains le prennent malgré tout avec philosophie.

Ils en rêvaient, de ce succulent foie gras artisanal accompagné de Sauternes, des yeux pétillants de leur nièce déballant son dinosaure raptosaurus, du concours de vannes entre cousins… Mais au lieu de ça, ils auront droit à un plat prémium Picard, aux cadeaux déballés en 5 minutes et aux Douze coups de midi sur TF1… Tout ça à cause du  coronavirus !

Sur les sept derniers jours, la moyenne a grimpé à 52.885 cas quotidiens en moyenne, annonce Santé publique France. A l’approche de Noël, beaucoup se font donc tester avant de partir rejoindre leur famille, car ne voulant surtout pas transmettre le virus à leurs proches en guise d’ultime cadeau. Et quand les résultats arrivent, c’est parfois la douche froide, car ils sont positifs et vont devoir s’isoler. Adieu la magie de Noël en robe lamée or. Place au pyjama-charentaises.

« Ça fait plus de 2 mois que je préparais Noël »

Une perspective à laquelle se préparent de nombreux lecteurs qui ont répondu à notre appel à témoins. Et qui suscite une réelle amertume chez eux, comme pour Céline : « On passera Noël tous les deux alors qu’on avait prévu de rejoindre nos familles. Je suis triste, j’aime tellement cette période. En plus, mon conjoint a 30 ans le 26 décembre. On n’ose même pas se commander un bon petit plat de Noël de peur de ne même pas avoir de goût pour en profiter ». Même déception chez Jennifer : « Je vais passer Noël seule dans mon appartement. Clairement, je pense que le programme sera : un repas en 10 minutes et au lit à 21h… ». Véronique le vit aussi assez mal : « Je n’ai pas acheté un cadeau et je ne peux plus en acheter, en plus je dois rester dans ma chambre jusqu’au 27 décembre ! ».

Au regret de ne pas pouvoir festoyer se mêle parfois l’incompréhension d’avoir été contaminé, malgré la vaccination et le respect des gestes barrières. Monica est dans cet état d’esprit : « J’ai commencé à avoir des symptômes jeudi, mais m’étant fait vacciner mercredi, je pensais que c’était lié. Par mesure de sécurité, je me suis fait tester vendredi et quelle douche froide ! Positive ! J’ai donc appelé ma mère pour qu’elle annule son billet d’avion, car elle venait du Portugal passer les fêtes avec nous. Les enfants étaient en pleurs. » Céline exprime aussi son étonnement : « Vaccinée, on ne pensait pas l’attraper. Ça fait plus de 2 mois que je préparais Noël, avec toute la décoration intérieure, extérieure, les achats pour ma petite fille de 2 ans… »

« Je veux juste que cette période se finisse »

Le sentiment de passer à côté de beaux moments est encore plus vif à cause de l’impression d’avoir déjà beaucoup sacrifié sa vie sociale depuis le début de la crise sanitaire. « C’est vraiment déprimant que ce virus gâche tout depuis deux ans », peste Céline. « On nous prive de tous les côtés et là encore, des fêtes qui tombent à l’eau… », se lamente Gwen. Sarah, 20 ans et cas contact de personnes positives, est encore plus sombre : « Triste et déprimée, je veux juste que cette période se finisse. Depuis le début, je ne vois que ce qu’on rate et qu’on ne rattrapera jamais : les 60 ans de mon papa, les 30 ans de ma sœur, mes 20 ans, et maintenant un Noël. Je n’aurais jamais pensé que ma période préférée de l’année deviendrait le pire des cauchemars. »

Certains, comme Muriel, sont conscients du temps qui passe et des occasions de se rassembler qui ne se renouvelleront peut-être pas souvent : « La santé de mes parents décline depuis quelques années et on ignore combien de Noël nous aurons la chance de passer tous réunis. Nous étions très heureux à l’idée de partager ce moment familial. On se disputait déjà pour le menu ! »

Certains gardent le sourire malgré tout…

Mais pour d’autres, pas question de laisser le Covid-19 ruiner leur moral. Ils ont décidé de prendre la situation avec philosophie, à l’instar de Cindy : « Il suffit de se dire que c’est pour protéger nos proches ! Au moins, j’ai encore l’odorat et le goût ! » Même sagesse chez Julien : « Certes, je devais faire le réveillon en famille en Dordogne. Mais tant pis, je relativise en me disant que j’ai une « grosse grippe », qu’heureusement, je suis vacciné pour éviter tous les symptômes dangereux, et que des gens décèdent de ce virus. Des Noël, il y en aura d’autres. »

Pascale, qui vient d’annuler un séjour thalasso, tente aussi de relativiser : « Pour moi qui adore voyager, c’est dur. Mais c’est la vie, je me rattraperai dès que je pourrai. Ce qui compte avant tout c’est la santé, et je prie pour que mes symptômes ne s’aggravent pas. »

« On repousse le repas au 27 »

Noël étant traditionnellement une fête pour le palais, covidée ou pas, Florence ne lésinera pas sur les agapes : « Comme cette année, Noël sera en tête à tête, on a décidé de se faire plaisir. Pour le moment, je n’ai pas perdu l’odorat et le goût, j’espère que le 24 et le 25, ce sera toujours le cas pour pouvoir profiter du repas. Nous avons décidé de nous faire une fondue savoyarde ! Peu commun pour un Noël, mais on aime tous les deux tellement ça. Et le 25, toasts de foie gras, saumon fumé et autres joyeusetés ». Thomas a aussi tout prévu pour se régaler : « On va faire jouer nos réseaux pour se faire quand même un bon repas pour le 24. Un ami nous dépose la viande le 23 devant le garage, un oncle nous déposera les huîtres, la belle-sœur les entrées et belle-maman le reste. Heureusement que la cave à vin est bien pleine, à consommer avec modération, bien sûr ! »

Et pour ceux qui veulent regarder le verre à moitié plein, un réveillon foutu ne signifie pas la mort des fêtes… Mais leur report. « On repousse le repas au 27, si mon mari ne devient pas positif d’ici là ! », indique Céline. « Nous allons prendre le temps de nous reposer et de nous retrouver. Nous allons devoir attendre le 31 décembre pour offrir nos cadeaux aux enfants », déclare de son côté Romain. « Une fois tous guéris, nous allons avoir encore plus de plaisir à se retrouver », espère aussi Angélique.