LGV Bordeaux-Toulouse : Le Pays basque vote contre le financement du grand projet ferroviaire dans le Sud-Ouest

TRANSPORTS Selon le conseil communautaire, le projet représente une menace pour les terres agricoles et les loyers, sans faire disparaître « le mur de camions » qui passe la frontière espagnole

20 Minutes avec AFP
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La LGV permettrait de remplacer certains TER par des TGV pour gagner une heure de trajet entre Toulouse et Bordeaux. (illustration)
La LGV permettrait de remplacer certains TER par des TGV pour gagner une heure de trajet entre Toulouse et Bordeaux. (illustration) — Mourad ALLILI/SIPA

Le projet de ligne à grande vitesse dans le Sud-Ouest continue de susciter les crispations. Après Dax et les départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne, la communauté d’agglomération du Pays basque a voté ce samedi à Bayonne contre le financement de la LGV vers Toulouse et Dax. Les élus communautaires ont voté à une large majorité leur opposition de principe à ce projet de 14,3 milliards d’euros et ne se sont donc pas prononcés sur la contribution de 45,8 millions d’euros qui leur était demandée.

La LGV Sud-Ouest, devant faire gagner une heure de trajet vers Toulouse et 20 minutes vers Dax, doit être financée à 40 % par l’État, 40 % par des collectivités locales d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine et 20 % par l’Union européenne. Si les collectivités d’Occitanie se sont rapidement mises d’accord pour réunir 2,2 milliards d’euros,  celles de Nouvelle-Aquitaine ne sont pas parvenues à rassembler l’ensemble du 1,7 milliard d’euros qui leur était demandé dans le plan de financement.

Crainte d’artificialisation des terres et de hausse des loyers

La communauté d’agglomération basque était la dernière des 27 collectivités concernées à examiner ce projet, relancé au printemps par le gouvernement. Outre les refus, Le département des Pyrénées-Atlantiques a contribué moins que prévu. Certaines collectivités ont toutefois fait connaître leur souhait de « délibérer de nouveau en janvier », selon la Région Nouvelle-Aquitaine.

En séance du conseil communautaire, des élus basques ont dénoncé un « projet d’une autre époque » qui « artificialisera des milliers d’hectares d’espaces naturels et agricoles » et « ne fera pas disparaître le mur de camions » qui passe la frontière depuis et vers l’Espagne. Le président Jean-René Etchegaray, maire (UDI) de Bayonne, a estimé que la LGV reviendrait à « exproprier une partie de notre population qui ne pourra plus se loger » en raison d’une hausse des prix de l’immobilier, déjà très élevés.