Une 4 fromages en quelques minutes... Les distributeurs automatiques de pizzas font un carton

CONSO Depuis quelques années et notamment en 2021, ces machines poussent partout en France comme des champignons sur une Reine

Julie Urbach
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Un distributeur de pizza à Sainte-Luce-sur-Loire, près de Nantes
Un distributeur de pizza à Sainte-Luce-sur-Loire, près de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • En plein développement, les distributeurs de pizzas seraient environ 2.500 en France.
  • En quelques minutes, vous pouvez repartir avec une « 4 fromages » bien chaude, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

Si vous cherchiez une ambiance nappe à carreaux et chansons siciliennes, ce n’est pas ici que ça se passe. Depuis un an, c’est une grosse machine bleue et rose qui distribue des pizzas sur le parking d’un supermarché de Sainte-Luce-sur-Loire, près de  Nantes. En quelques minutes, et pour moins de 10 euros, vous pouvez repartir avec une « 4 fromages » bien chaude ou à cuire chez vous, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. « Le choix se fait sur l’écran, parmi les 19 sortes disponibles, détaille Philippe Marzin, le gérant de  Pizzas and co. Le robot à l’intérieur s’occupe du reste : il va chercher le bon produit dans la chambre froide au fond, le sort de sa boîte et vient le placer dans l’un des deux fours chauffés à 320 degrés… C’est le top du top de la machine, on peut même lui demander de réserver sa préférée à l’avance ! » 

Depuis plusieurs années, ces drôles de distributeurs automatiques poussent partout en France comme des champignons sur une Reine. Avec la crise sanitaire, l’année 2021 a d’ailleurs battu tous les records avec un nombre d’équipements, toujours plus perfectionnés, qui approcherait aujourd’hui les 2.500 dans l’Hexagone, remplaçant parfois les traditionnels camions, voire certains restaurants. Leader sur le marché, le fabricant  Adial affiche une croissance de 100 % et a encore installé pas moins de 70 machines au mois de décembre, principalement dans des zones rurales ou périurbaines, encore vierges de services de livraison à domicile. Le mouvement ne devrait pas s’arrêter en 2022.

« Pas du surgelé »

« La majorité sont des restaurateurs ou des pizzaïolos qui cherchaient des solutions pour se développer, observe Ludovic Lorillard, directeur commercial de cette entreprise normande de 150 salariés. Ils en installent un, et ça marche tellement bien qu’ils continuent et montent à trois, quatre, voire bien plus… Il y a même déjà de la concurrence dans certaines communes ! » Car chez les jeunes qui rentrent de soirée, les travailleurs à horaires décalés, ou tout simplement les familles qui ne veulent pas s’embêter à cuisiner (faut-il rappeler que les Français font partie des plus gros mangeurs de pizzas au monde ?), la demande est là. Selon Adial, un distributeur en écoulerait 25 par jour, en moyenne.

Un distributeur automatique de pizzas en centre-ville de Nantes
Un distributeur automatique de pizzas en centre-ville de Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

A Sainte-Luce, où l’on a préféré investir 60.000 euros dans une machine plutôt que d’assumer le loyer et les charges d’un deuxième magasin, ce chiffre est pour l’instant encore légèrement inférieur, mais on a quand même bon espoir d’amortir l’appareil en trois ans. Reste encore quelques idées reçues à lever. « Bien sûr, on ne peut pas rivaliser avec un four au feu de bois, mais ce n’est pas du surgelé, pas du bas de gamme, martèle Philippe Marzin. Pour preuve, ce sont les mêmes pizzas que nous fabriquons et vendons à la boutique de Carquefou, à quelques kilomètres d’ici. » Et avec une pâte plutôt croustillante, en tout cas pour celle que 20 Minutes a goûtée.

« Se libérer des clichés »

Dans le Val-d’Oise, Thierry Graffagnino n’a plus à convaincre. Ce triple champion du monde de pizza, lui-même à la tête de deux distributeurs automatiques depuis plusieurs années, semble mettre tout le monde d’accord, notamment avec ses pizzas sucrées à la crème de Limoncello ou d’orange de Syracuse, confectionnées dans sa cuisine centrale. Qu’importe le moyen de les vendre, l’important est ce que l’on met dedans, estime celui qui se consacre désormais à l’accompagnement d’entrepreneurs, de plus en plus nombreux à se lancer dans le monde de la Margherita. 

« Les restaurateurs ne trouvent plus de personnel, les gens n’ont plus qu’une demi-heure pour manger le midi, la pizza a aussi le droit d’évoluer et de se libérer de ses clichés », lance celui qui vient d’installer à Paris Pazzi,  le premier robot pizzaïolo. « On en verra bientôt partout, dans les parcs d’attractions, les aéroports… promet Thierry Graffagnino. Il est capable de sortir 1.200 pizzas à lui tout seul en une journée. » Sans anchois, s’il vous plaît.