Michel Neyret, l’ex-n°2 de la PJ de Lyon, tacle la condamnation de Claude Guéant

VENGEANCE Alors que l’ancien ministre de l’Intérieur a été incarcéré lundi dernier, Michel Neyret lui rappelle dans un courrier cinglant la façon dont il avait traité sa propre chute, en 2011

J. Le.
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Michel Neyret à la sortie de la cour d'appel de Paris, le 4 avril 2018.
Michel Neyret à la sortie de la cour d'appel de Paris, le 4 avril 2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP

« Je ne suis pas homme à me réjouir de l’emprisonnement d’un autre, mais… » Mais un peu, tout de même. Le début de la lettre que Michel Neyret a adressée à  Claude Guéant, dont Le Point publie des extraits, donne le ton. Alors que son ancien ministre de l’Intérieur vient d’être condamné à deux ans de prison, dont un ferme, l’ex-n°2 de la PJ de  Lyon, incarcéré en 2018 pour corruption et association de malfaiteurs, se souvient de la façon dont Claude Guéant s’était empressé de lui donner des leçons d’exemplarité par le biais des médias.

Une leçon d’exemplarité qui ne passe pas

« Je ne peux pas oublier la leçon d’exemplarité que, en votre qualité de ministre de l’Intérieur, vous êtes venu donner à Lyon, en octobre 2011, devant les fonctionnaires de la police judiciaire, quelques jours après mon arrestation, leçon d’exemplarité qui, vous en conviendrez, à la lumière des turpitudes qui vous ont été depuis reprochées, revêt une saveur particulière », écrit-il.

Michel Neyret garde en travers de la gorge la « campagne de médiatisation » diffamatoire et démesurée que Claude Guéant avait « savamment orchestrée » contre lui juste après son arrestation, « faisant fi de ce principe sacré derrière lequel vous n’avez cessé de vous réfugier, le principe de la présomption d’innocence ».

Pas d’enrichissement personnel dans le cas de Neyret

L’ex- « super-flic » rappelle également que l’enquête dont il a fait l’objet n’a révélé aucun enrichissement personnel. Ce qui n’est pas le cas de Claude Guéant, condamné pour avoir puisé dans le budget du ministère de l’Intérieur. Il a également écopé d’une amende de 75.000 euros.

Bon prince, Michel Neyret n’a pas oublié non plus la tristesse qu’il a ressentie à passer les fêtes de Noël derrière les barreaux, au lieu d’être avec ses proches, « me donnant ainsi la possibilité d’appréhender le sentiment qui doit être actuellement le vôtre et celui de votre famille ». Une solidarité de détenus.