Lyon : « Vive le commerce de proximité, vive le contact humain »… La municipalité écolo veut limiter l’implantation des « dark stores »

DEBAT Durant le conseil municipal de Lyon, une élue EELV a annoncé jeudi sa volonté de freiner l’implantation des nouveaux supermarchés conçus pour la vente en ligne

J.Lau. avec AFP
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Photo d'illustration d'un commerce de proximité dans la région lyonnaise.
Photo d'illustration d'un commerce de proximité dans la région lyonnaise. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Les « dark stores » ne sont pas les bienvenus à  Lyon. Lors du conseil municipal jeudi, cette problématique est venue dans le débat et la mairie  EELV a tenu à affirmer sa détermination à freiner l’implantation de ces nouveaux supermarchés sans clients, conçus pour la vente en ligne. L’idée d’une « ville entrepôt » où « l’on se nourrit grâce à des clics », aux dépens du commerce de proximité et du « vivre-ensemble » a été pointée du doigt.

« Nous ne voulons pas d’une société où tout est sombre, où tout est rapide. Nous ne voulons pas d’une ville entrepôt, sans vitrines où chacun reste chez soi, sans convivialité, sans aucun prétexte pour rencontrer l’autre », a déclaré en séance Camille Augey, l’adjointe au maire écologiste Grégory Doucet chargée de l’emploi et de l’économie durable.

« Un travail toujours plus déshumanisé »

« Derrière ce monde de l’immédiateté où l’on fait ses courses derrière son écran, en se réjouissant de cette facilité qui nous est ainsi offerte, se cache un travail toujours plus déshumanisé, des cadences toujours plus élevées, des technologies toujours plus présentes », a ajouté l’élue, dénonçant « toujours plus de risques, toujours plus de stress, toujours plus d’usure professionnelle » pour les employés de ces nouvelles structures issues du « quick commerce ».



« C’est un sujet qui nous tient à cœur », a renchéri Camille Augey, qui répondait à Pascal Blache, maire divers droite du 6e arrondissement de Lyon. Celui-ci s’inquiétait de l’ouverture programmée d’un « dark store » dans son secteur. « La ville étudie très strictement les différents dossiers qui sont déposés au regard des règles de l’urbanisme et de nos compétences en matière de police administrative », a précisé Camille Augey, en lui apportant « son soutien ».

« Avons-nous vraiment besoin de shampoing en moins de 10 minutes ? »

L’élue EELV lui a assuré en ce sens que ses services refuseraient l’implantation de ce « dark store » décrié, « la catégorisation comme entrepôt de cette activité n’étant pas compatible » avec le plan local d’urbanisme dans le quartier concerné. « Avons-nous vraiment besoin d’un paquet de pâtes ou de shampoing en moins de 10 minutes sans sortir de chez nous ? Ce n’est pas cette ville que nous appelons de nos vœux », a poursuivi Camille Augey.

Celle-ci défend l’idée d’une ville « où l’on noue des liens avec ses commerçants, où l’on se salue, où l’on demande des conseils » et « où les rues sont animées ». « Alors vive le commerce de proximité, vive le contact humain », a-t-elle conclu.