Roubaix : La vidéoprotection est-elle l’arme fatale contre la délinquance ?

SECURITE L’implantation de caméras de vidéoprotection s’est largement accélérée depuis l’arrivée de Guillaume Delbar à la tête de la mairie de Roubaix.

Mikaël Libert
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Plus de 300 caméras sont installées à Roubaix (illustration).
Plus de 300 caméras sont installées à Roubaix (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Entre 2014 et 2023, le nombre de caméras va passer de 50 à 450 à Roubaix.
  • Des agents se relaient en permanence devant les écrans du CSU pour initier ou guider les interventions sur le terrain.
  • Le matériel installé est à la pointe de la technologie, en très haute définition et le dispositif est étanche pour éviter le piratage.

Rien ne leur échappe. On ne va pas se mentir, l’étiquette d’une ville où règne l’insécurité colle  à Roubaix comme une moule à son rocher. Une mauvaise réputation qui n’était pas volée lorsque l’actuel maire de la commune,  Guillaume Delbar, est arrivé aux commandes en 2014. C’est d’ailleurs pour cela qu’il avait promis de développer la police municipale et la vidéoprotection. Deux outils aujourd’hui très efficaces, placés entre les mains de Christian Belpaire, un ancien flic devenu le Monsieur Sécurité de Roubaix.

Attenant à la mairie de Roubaix se trouve l’hôtel de police municipale, un bâtiment particulièrement sécurisé qui abrite le Centre de supervision urbain (CSU). Il s’agit d’une vaste salle, bardée de dizaines d’écrans, qui ressemble à s’y méprendre à une régie de télévision. Et sur ces écrans, les agents présents en permanence dans le CSU peuvent faire défiler les images des centaines de caméras disséminées sur l’ensemble du territoire de la commune.

« Même le maire ne peut pas entrer dans le CSU »

« Lorsque je suis arrivé, il y avait cent caméras. Il y en a aujourd’hui 300 et 450 d’ici deux ans », assure Christian Belpaire, le directeur général de la sécurité et de la qualité de vie. L’ancien policier détaille un système dernier cri, composé de différents types de caméras : « On a des globes, des fixes, des 360°… Toutes en très haute définition de jour comme de nuit et avec une stabilité améliorée ». Le dispositif de sécurité est lui-même sécurisé, à commencer par les caméras, protégées par un système sur lequel Christian Belpaire préfère rester discret. Le réseau, en fibre optique, fonctionne en vase clos, totalement étanche pour éviter le piratage. « Même le maire ne peut pas entrer dans le CSU avec son badge », assure le Monsieur Sécurité. Nous non plus d’ailleurs.

Seuls 15 agents sont accrédités pour bosser alternativement dans le CSU, dont un chef de poste qui reçoit les appels et coordonne les interventions avec les policiers sur le terrain. Leurs plus beaux coups, ils les publient sur la page Facebook de la police municipale de Roubaix. Bagarres, incivilités, infractions routières, vols, cambriolages… « Non seulement les caméras couvrent un périmètre plus large que les patrouilles, mais surtout elles nous permettent de réaliser toutes les semaines des interpellations en flagrant délit », se félicite Christian Belpaire.

Pour autant, le directeur général de la sécurité n’y voit pas de miracle : « La vidéo n’est pas une science exacte. C’est un outil certes performant mais qui ne sert à rien sans personnel formé derrière les écrans, sans effectifs dans les rues, sans stratégie globale de sécurité », insiste-t-il. On n’obtiendra cependant pas de statistique sur l’efficacité du dispositif : « C’est quelque chose qui se mesure dans le temps, en tenant compte de tous les facteurs, pas uniquement des caméras. Cela dit, les premières observations sont très positives », assure l’ancien policier.