Présidentielle 2022 : Comment le CSA décompte-t-il le temps de parole d'Emmanuel Macron ?

FAKE OFF Une interview du chef de l'Etat sera diffusée ce mercredi soir sur TF1 et LCI. A seulement quelques mois du scrutin, les candidats à la présidentielle dénoncent un manque d’égalité dans le décompte du temps de parole dans les médias

Maïwenn Furic
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Pas moins de 2 heures d'antenne seront consacrées au président de la république ce mercredi soir.
Pas moins de 2 heures d'antenne seront consacrées au président de la république ce mercredi soir. — AFP
  • Près de deux heures d’antenne seront consacrées à Emmanuel Macron, ce mercredi soir en prime time, sur TF1 et LCI. Il ne devrait pas y annoncer sa candidature à sa réélection, mais aborder « son quinquennat, ses réussites, ses échecs et sa vision de l’avenir », selon le groupe TF1.
  • A quelques mois de l’élection présidentielle, plusieurs candidats dénoncent un manque d’égalité dans les temps de parole à la télévision et à la radio. Valérie Pécresse et d’autres candidats ont même annoncé saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour « rétablir l’égalité ».
  • 20 Minutes fait le point sur les règles applicables dans le cadre de la campagne présidentielle.

Emmanuel Macron bénéficiera de deux heures d’antenne, ce mercredi soir en prime time, sur TF1 et LCI. Une interview long format au cours de laquelle le président de la République reviendra « sur les moments forts qui ont marqué sa présidence, ses réussites comme ses échecs », a fait savoir le groupe TF1.

A seulement quelques mois de l'élection présidentielle, ce temps d’écran offert à celui qui n’est toujours pas officiellement candidat à sa réélection suscite la colère des prétendants à l’Elysée. Valérie Pécresse, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont même saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à propos de l’émission qui relève, selon eux, de la campagne présidentielle.

« On ne peut pas avoir un président candidat qui se fait ouvrir les chaînes de télévision à la demande et pendant des heures fait sa campagne, alors que ses adversaires doivent se contenter de cinq minutes de duplex pour lui répondre », a dénoncé la candidate de LR.

Avant chaque élection, le CSA émet des recommandations pour le temps d’écran et le temps de parole des candidats, afin que les médias respectent le « pluralisme politique ». Pour la présidentielle de 2022, elles ont été publiées le 8 octobre dernier. « On distingue deux cas de figure : les propos hors période électorale, et ceux relayés en période électorale, c’est-à-dire à partir du 1er janvier 2022 pour cette élection », explique-t-on du côté du CSA.

La casquette de président ou de candidat ?

Dans le cas particulier du locataire de l’Elysée, hors période électorale, comme c’est le cas jusqu’au 31 décembre, ses interventions ne sont pas automatiquement prises en compte par le CSA. « Quand il intervient avec sa casquette de président de la République pour parler du Covid-19 ou du réchauffement climatique, son temps de parole n’est pas décompté », précise le CSA.

Plutôt que d’annoncer sa candidature à un nouveau mandat ce mercredi, Emmanuel Macron devrait en effet prendre la parole dans le cadre de ses fonctions régaliennes pour faire le bilan de son mandat et se livrer plus personnellement. « Cependant, le président de la République peut intervenir dans le cadre de son mandat et sur la politique dans une même intervention. Il est possible que cela arrive ce soir. »

Et lorsqu’Emmanuel Macron parle de politique, c’est la règle des « deux tiers, un tiers » qui s’applique : « Le président et le gouvernement disposent d’un tiers du temps de parole, et l’opposition et LREM des deux tiers restants. »

Candidat présumé dès le 1er janvier

A partir du 1er janvier – en période électorale, donc –, si Emmanuel Macron n’a pas encore annoncé sa candidature, il sera considéré comme « candidat présumé ». Ce sera le cas pour « toute personne qui recueille des soutiens publics et significatifs en faveur de sa candidature », explique le CSA. L’année 2022 est un cas particulier car le début de la période électorale va de pair avec le début de la présidence française à l'Union européenne. Le CSA a pris la décision de ne pas décompte le temps de parole du chef de l’Etat dans le cadre de cette fonction.

A noter qu’il s’agit d’un principe d’équité – et non d’égalité stricte – qui s’applique entre le 1er janvier et le 27 mars. Le temps d’antenne et le temps de parole sont calculés à partir de plusieurs critères, notamment le nombre d’élus du parti, la position dans les sondages ou encore les scores aux récentes élections… « Deux semaines avant l’élection, télévisions et radios doivent appliquer une stricte égalité des temps de parole entre tous les candidats », souligne le CSA. Les chaînes de télévision et stations de radio doivent également respecter une égalité dans les horaires de diffusion entre chaque prétendant à l’Elysée.