Référendum en Nouvelle-Calédonie : Victoire écrasante du non à l'indépendance avec 96,49% des voix

VOTE Alors que les indépendantistes avaient appelés à bouder le scrutin, la participation était très faible

X.R. avec AFP
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Référendum en Nouvelle-Calédonie : Victoire écrasante du non à l'indépendance — 20 Minutes

Le résultat ne faisait aucun doute, avec l’appel à la non-participation du FLNKS et des indépendantistes de tout bord. Pour son troisième référendum depuis 2018 sur la question,  la Nouvelle-Calédonie s’est prononcée très largement contre l’indépendance selon des résultats partiels. Le « non » l’emporte avec à 96,49 % des voix, selon les résultats officiels. Le oui a recueilli 3,51 %, les votes blancs et nuls 2,99 %.

La participation s’établit à 43,90 %, en chute libre par rapport aux scrutins précédents, où elle s’élevait à la même heure à 73,68 % en 2018 puis 79,63 % en 2020. Ces référendums précédents, organisés dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa, ont été remportés par les pro-France avec 56,7 % puis 53,3 % des suffrages.

Un nouveau statut à définir

Le dialogue n’est pourtant pas terminé. Les accords de Nouméa prévoyaient en effet la possibilité d’un maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République à l’issue des trois référendums. Des discussions vont maintenant s’engager pour doter le « Caillou » d’un nouveau statut. Mais le FLNKS a déjà refusé de rencontrer Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, arrivé vendredi à Nouméa. Considérant ne pas avoir pu organiser une « campagne équitable » en raison de l’épidémie de  coronavirus, le parti indépendantiste avait annoncé vouloir contester le résultat devant les instances internationales.

« Une partie des formations politiques indépendantistes ne souhaite pas négocier avant la présidentielle : nous en prenons acte. L’Etat n’entend pas non plus confondre vitesse et précipitation dans cette phase importante. La déclaration de Paris du 1er juin dernier venant sécuriser la fin de l’accord de Nouméa permet d’envisager cette période de transition jusqu’en juin 2023 », a indiqué l’entourage du ministre.

Pas d’incident en marge du scrutin

Alors que l’Etat avait déployé un impressionnant dispositif de sécurité – 2.000 gendarmes et policiers, 130 véhicules, 30 engins blindés et des moyens aériens – par crainte de voir s’enflammer cet archipel qui a déjà connu des épisodes de troubles, le scrutin s’est déroulé sans incidents. « Pour nous, c’est un jour normal. On ne comprend pas ce déploiement de forces de police et de militaires alors qu’il ne se passe rien on dirait qu’il y a la guerre », ont déclaré des jeunes à Montravel, cité populaire kanak au nord de Nouméa, assis sous un flamboyant en fleurs, se disant plus préoccupés par l’alerte cyclonique que par le scrutin.

La Nouvelle-Calédonie est inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l’ONU, qui a d’ailleurs dépêché des experts pour veiller à la bonne tenue du scrutin. Emmanuel Macron doit s’exprimer à 13 heures sur le résultat du scrutin et la suite des relations avec la Nouvelle-Calédonie. La prise de parole du chef de l’Etat devrait durer « une dizaine de minutes », a précisé la présidence.