Fin de la garde à vue de Yannick Agnel, présenté à un juge d'instruction

ENQUETE Yannick Agnel, accusé de viol et agression sexuelle sur mineure, a été déféré devant un juge d’instruction à Mulhouse, dans le Haut-Rhin

B.D. avec AFP
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Yannick Agnel (D) arrive au tribunal de Mulhouse, le 11 décembre 2021.
Yannick Agnel (D) arrive au tribunal de Mulhouse, le 11 décembre 2021. — SEBASTIEN BOZON / AFP

La garde à vue de l’ancien nageur champion olympique Yannick Agnel, accusé de viol et agression sexuelle sur mineure, a pris fin ce samedi à la mi-journée et il a été déféré devant un juge d’instruction à Mulhouse, dans le Haut-Rhin.

L’ancien sportif de 29 ans, reconverti dans l’e-sport et consultant dans divers médias, avait été arrêté jeudi à son domicile parisien et conduit à Mulhouse où il a été placé en garde à vue pour des faits remontant à 2016. Celle-ci a pris fin ce samedi midi et Agnel, bonnet sur la tête et masque sur le visage, a été conduit du commissariat au tribunal de la ville tout proche, les journalistes étant tenus à l’écart.

Plusieurs nageurs ou anciens nageurs auditionnés

La procureure de la République de Mulhouse avait précisé qu’une plainte avait été déposée l’été dernier pour des faits remontant à « à peu près 2016 ». Selon L’Equipe, « l’enquête ferait suite à une plainte d’une nageuse qui s’entraînait avec Agnel à Mulhouse entre 2014 et 2016 ». « Plusieurs nageurs ou anciens nageurs ont été auditionnés ces dernières semaines », avait ajouté le quotidien sportif.

Après un an passé à s’entraîner aux Etats-Unis dans la foulée de ses titres olympiques à Londres en 2012, Yannick Agnel était rentré en France et avait pris une licence au Mulhouse Olympic Natation (MON) en septembre 2014. Il s’y est entraîné durant deux ans sous la houlette de Lionel Horter, jusqu’aux JO-2016.

Maracineanu « particulièrement » touchée

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, elle-même passée par le club mulhousien lorsqu’elle était nageuse, a déclaré à l’AFP suivre de près cette affaire : « C’est une instruction qui suit son cours et doit suivre son cours, la plainte de la jeune fille est entre les mains de la justice et elle doit aller au bout », a-t-elle souligné samedi matin à Val d’Isère, où elle suit les épreuves de la Coupe du monde de ski alpin. « C’est un sujet très important pour moi au niveau national, c’est un combat qu’on porte au niveau européen et international (…) que la parole puisse se libérer (…) c’est essentiel pour que d’autres enfants n’aient plus à subir ça », a-t-elle ajouté.

La ministre est restée proche de son ancien entraîneur, qui entraîne toujours les nageurs au centre de haut niveau mulhousien. « C’est quelqu’un de très important. Je connais personnellement la personne qui a déposé plainte, vous imaginez bien que cela me touche particulièrement », a poursuivi Roxana Maracineanu.

Litige avec le MON

Yannick Agnel possède l’un des plus beaux palmarès de la natation française : il a été double champion olympique à Londres en 2012 sur le 200 m nage libre et le relais 4x100 m, avant d’être sacré champion du monde dans ces deux disciplines en 2013. Toutefois, aux JO de Rio en 2016, il avait été éliminé dès les séries du 200 m nage libre et il avait annoncé sa retraite sportive dans la foulée. Après sa carrière, Yannick Agnel est notamment devenu consultant pour France Télévisions en 2019. Il a commenté les épreuves de natation pour les chaînes du groupe lors des JO de Tokyo cet été.

Il s’est aussi investi dans l’e-sport : il est directeur sportif d’un club et, depuis quelques mois, consultant e-sport pour Franceinfo, pour laquelle il réalisait jusqu’ici une chronique hebdomadaire et un podcast mensuel. La radio a cependant annoncé jeudi à l’AFP suspendre sa collaboration avec Agnel « en raison de la procédure judiciaire en cours », jusqu’aux conclusions de l’enquête.

Dans un autre dossier, le Mulhouse Olympic Natation est de son côté mis en examen pour « tentative d’escroquerie » pour des faits remontant également à 2016. Le club était en litige avec plusieurs nageurs, dont Yannick Agnel, qui est allé en justice pour toucher les 60.000 euros que lui devait le MON pour sa dernière année de contrat. Le club a été condamné à payer cette somme au nageur, mais a fait appel. L’affaire doit être examinée en appel en mars 2022.