Coronavirus : Seulement 20 % des écoles dotées de capteurs de CO2, qu'en est-il dans les collèges et les lycées ?

INFO « 20 MINUTES » La généralisation des capteurs de CO2 dans les établissements, voulue par le ministre de l’Education, n’est pas encore une réalité

Delphine Bancaud
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A Cannes, la présentation d'un capteur de CO2, à l'école élémentaire Mace.
A Cannes, la présentation d'un capteur de CO2, à l'école élémentaire Mace. — SYSPEO/SIPA
  • Les capteurs de CO2 mesurent la concentration de dioxyde de carbone dans l’air de chaque pièce.
  • Quand le seuil est dépassé, l’appareil le signale, indiquant la nécessité d’aérer immédiatement les lieux. Un outil utile dans la lutte contre la propagation du coronavirus.
  • Mais ils ne sont pas encore assez répandus dans les établissements scolaires, malgré l’aide du ministère aux collectivités territoriales en difficulté pour les financer.

Réclamée par les syndicats enseignants et les associations de parents d’élèves depuis plusieurs mois pour lutter contre l’épidémie de  Covid-19, la généralisation de  capteurs de CO2 dans les établissements scolaires n’est pas encore une réalité. Selon nos informations, confirmées par le ministère de l’Education, seulement 20 % des écoles, 38 % des collèges et 54 % des lycées sont actuellement dotés de capteurs de CO2. Et le ministère ne précise pas de quel nombre d’appareils dispose chacun de ces établissements.

Ces appareils mesurent la concentration de dioxyde de carbone dans l’air de chaque pièce. Quand le seuil est dépassé, l’appareil le signale, indiquant la nécessité d’aérer immédiatement les lieux. Un outil utile dans la lutte contre la propagation du virus.

Une aide financière pour les collectivités en difficulté

Invité mardi sur RTL, le ministre de l’Education a déclaré qu’ils n’étaient « pas la solution magique au problème ». Même si lors de sa conférence de rentrée, Jean-Michel Blanquer avait fait part de son souhait de « généraliser les capteurs de CO2 ».

Sur RTL toujours, Jean-Michel Blanquer a rappelé que l’équipement des établissements concernant ces dispositifs relevait d’une « compétence des collectivités ». Car ce sont les mairies qui sont chargées des écoles élémentaires et maternelles, les départements assumant cette responsabilité pour les collèges, et les régions pour les lycées. Dès la rentrée, le ministre avait annoncé le soutien financier de son ministère aux collectivités pour l’achat de capteurs, qui coûtent de 50 à 600 euros, selon leur sophistication.  « On a déjà une enveloppe de 20 millions d’euros pour rembourser les collectivités locales qui le demandent, mais seulement les collectivités nécessiteuses », a d’ailleurs rappelé Jean-Michel Blanquer sur RTL.

Des appels de toutes parts

Sur le terrain, la communauté éducative trouve que les choses ne vont pas assez vite. « On constate une forte disparité d’équipement selon les régions », indique Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. Le syndicat a déposé une alerte sociale lundi auprès du ministère pour dénoncer les conditions d’exercice du personnel éducatif lors de cette cinquième vague. Le SE-Unsa a aussi effectué cette démarche.

Le SNUipp-FSU a également appelé le ministère à « contribuer à doter toutes les écoles de capteurs CO2 ». Dans une tribune publiée fin août dans Le Monde, une trentaine de médecins et enseignants indiquaient que « la recommandation d’équiper les établissements de détecteurs de CO2 ne peut suffire : cela doit être la règle ». Mais un frein financier existe bien chez les collectivités, qui sont déjà confrontées à une hausse de leurs dépenses pour financer des masques, désinfecter les locaux, prévoir du personnel pour assurer la restauration scolaire en respectant les gestes barrières…