Guadeloupe : Le couvre-feu prolongé mais réduit, l'un des plus gros barrages routiers démonté par les forces de l'ordre

CONTESTATION Le barrage de La Boucan, qui s'étendait sur 10 kilomètres, a été déblayé après trois semaines de blocage

20 Minutes avec AFP
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Le couvre-feu en vigueur en Guadeloupe a été prolongé, mais réduit à un plus petit nombre de communes
Le couvre-feu en vigueur en Guadeloupe a été prolongé, mais réduit à un plus petit nombre de communes — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

L’un des plus gros barrages routiers de Guadeloupe, fruit de la contestation sociale née mi-novembre, a été démonté par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de région mardi, avant d’annoncer la prorogation jusqu’à vendredi du couvre-feu, mais réduit.

Le couvre-feu reste en place dans certaines communes : de 20h00 à 5h00 dans 12 d’entre elles (Les Abymes, Baillif, Basse-Terre, Capesterre-Belle-Eeau, Gosier, Lamentin, Morne-à-l’Eau, Le Moule, Petit-Bourg, Pointe-à-Pitre, Sainte-Anne, Sainte-Rose), à partir de 22h00 à Baie-Mahault et Goyave. Auparavant, 21 communes sur 32 étaient concernées par un couvre-feu qui débutait plus tôt, à 18h00.

Des barrages importants déblayés, trois arrestations

« Cette nuit, les forces de l’ordre ont débloqué les barrages implantés sur la commune de Sainte-Rose », a d’abord annoncé cette autorité dans un communiqué. Le barrage de La Boucan, à Sainte-Rose, était constitué de près de 20 barricades sur près de 10 km. Quasiment hermétique à tous les véhicules sous la garde de plusieurs collectifs, il a finalement été déblayé par des forces de gendarmeries après trois semaines de blocage.

Trois personnes ont été interpellées « dans le calme et sans affrontement », a-t-on appris auprès de la gendarmerie. « L’action des forces de sécurité a permis, dans le même temps, de maintenir la circulation sur l’ensemble du territoire », souligne la préfecture qui mentionne également deux autres personnes interpellées aux Abymes.

Prolongation des mesures sanitaires et des tests gratuits

Né du refus de l’obligation vaccinale contre le Covid-19 pour soignants et pompiers, le mouvement social qui touche la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, occasionnant violences, pillages et incendies. Au point que Guadeloupe et Martinique ont été placées sous couvre-feu. La vente d’essence dans un récipient transportable reste interdite, comme le transport de produits combustibles, corrosifs ou inflammables, sauf pour les professionnels le justifiant.

La préfecture a également annoncé la prolongation jusqu’à vendredi des mesures sanitaires en vigueur depuis le 12 novembre : port obligatoire du masque sur tout le territoire, un siège sur deux et un mètre de distance dans les stades, salles de réunion et de spectacle, surface minimale de quatre m2 pour chaque client accueilli dans les magasins. Les autorités ont, enfin, annoncé la prolongation de la gratuité des tests en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy, n’excluant pas « un rebond épidémique dans les deux prochaines semaines » en raison d’un « net relâchement des gestes barrières » constaté avec les mouvements sociaux.