Attentat de Magnanville : Un complice présumé renvoyé devant les assises

COMPLICITE Un policier et sa compagne avaient été tués en 2016

J.-L.D. avec AFP
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Hommage aux morts de Magnanville, illustration
Hommage aux morts de Magnanville, illustration — SYLVAIN THOMAS / AFP

Des juges d’instruction antiterroristes ont ordonné le renvoi devant la cour d’assises spéciale de Mohamed Lamine Aberouz pour  « complicité » dans l’assassinat du  policier Jean-Baptiste Salvaing et de sa compagne Jessica Schneider  à Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016.

Les magistrats ont suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat) qui demandait aussi un non-lieu pour deux autres hommes soupçonnés d’avoir apporté un soutien logistique à l’assaillant, Larossi Abballa, a précisé cette source. L’assassin avait revendiqué l’attaque au nom du groupe État islamique (EI) en direct sur les réseaux sociaux, avant d’être abattu par le Raid.

Assassinés à leur domicile

Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant adjoint du commissariat des Mureaux (Yvelines), et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif dans un commissariat voisin, avaient été assassinés à leur domicile, en présence de leur fils âgé alors de 3 ans. Mohamed Lamine Aberouz, 28 ans, a été mis en examen le 11 décembre 2017 pour « complicité d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ». Il est toujours en détention provisoire. Ami de Larossi Abballa, Mohamed Aberouz clame son innocence, assurant avoir quitté son logement ce soir-là pour aller à la mosquée.

Les juges d’instruction ont ordonné qu’il soit jugé pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », « complicité d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « complicité de séquestration sur mineurs de 15 ans en relation avec une entreprise terroriste », selon la source judiciaire.

Favorable au djihad armé

Les magistrats s’appuient notamment sur des expertises, rejetées par la défense, pour affirmer qu’il était présent au domicile du couple au moment des faits : son ADN a été retrouvé sur le repose-poignet de l’ordinateur utilisé pour la revendication.

« Les dénégations de Mohamed Lamine Aberouz, quant à son adhésion à l’idéologie djihadiste telle que portée par le groupe terroriste Etat islamique, n’apparaissant donc pas convaincantes ni suffisantes au regard des éléments recueillis par ailleurs », notent les juges dans leur ordonnance de mise en accusation rendue vendredi.

Mohamed Aberouz et Larossi Abballa « qui se fréquentaient assidûment, partageaient les mêmes convictions et étaient portés par la même idéologie favorable au djihad armé », soulignent-ils.