Nice : « Il faut vivre et non survivre pour étudier », l’association Action solidaire étudiant vient en aide pour « vaincre cette précarité qui a toujours existé »

PAUVRETE A chaque distribution, plus de deux cents personnes se présentent pour récupérer des paniers d’une valeur de 50 euros de courses

Elise Martin
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A chaque distribution, des centaines d'étudiants viennent récupérer des paniers gratuitement
A chaque distribution, des centaines d'étudiants viennent récupérer des paniers gratuitement — ASE
  • Depuis septembre, l’association Action solidaire étudiant fait des distributions de paniers de courses pour les étudiants en difficulté.
  • L’équivalent de 50 euros pour « soulager les dépenses liées à l’alimentation », explique le président, Kamel Kefif Kadhi.
  • L’association va se développer et également proposer un suivi psychologique avec des professionnels agréés mais aussi une aide administrative pour les demandes de bourses, de logement ou autre.

A chaque distribution, c’est « la même chose ». Devant la résidence Jean-Médecin à Nice, des centaines d’ étudiants font la queue pour récupérer un panier alimentaire et hygiénique gratuitement. « C’est l’équivalent de 50 euros de courses », précise Kamel Kefif Kadhi, président de l’association Action solidaire étudiant (ASE), qui s’est créée en septembre.

« On a beaucoup parlé de la précarité​ étudiante pendant le confinement. Mais elle ne s’est pas arrêtée. Et surtout, elle a toujours existé, même avant le coronavirus », lance-t-il. C’est d’ailleurs à partir de ce constat qu’il s’est engagé, lui-même encore étudiant. « Le déclic c’est quand j’étais bénévole au Café suspendu [une association qui vient en aide aux personnes démunies, notamment par des maraudes] et que j’ai vu arriver quatre jeunes qui nous demandaient de quoi manger ».

Des produits alimentaires, hygiéniques et des vêtements aussi

A 21 ans, il décide d’agir. D’abord, en créant une épicerie au sein de la résidence en février puis, avec cette association. « Un étudiant, c’est ni un enfant, ni un adulte. Il est entre les deux et il essaie de trouver son indépendance. Le problème, c’est qu’il ressent une sorte de honte et d’échec de faire l’action d’aller au Restos du cœur ou ailleurs. On m’a déjà dit que certains se contentaient de manger une tomate comme repas. Ils se laissent mourir de faim et de l’autre côté, des supermarchés jettent des tonnes de denrées encore comestibles ».

L’ASE fonctionne avec des dons, notamment d’autres associations niçoises, et bientôt, directement avec la Banque alimentaire. « L’idée, ce n’est pas de les nourrir complètement mais de les soulager de leurs dépenses à ce sujet. Ainsi, ils pourront se concentrer sur leurs cours et sur comment se nourrir. Un étudiant ça doit vivre, pas survivre ». En plus des paniers alimentaires et hygiéniques, chaque jour, une distribution de pain est proposée grâce aux invendus d’une boulangerie partenaire. "On a également reçu le soutien de Jonathan Matijas qui est venu donné des vêtements de marques neufs à ces personnes qui n’ont même pas la possibilité d’imaginer s’acheter un nouveau tee-shirt", ajoute Kamel.

« Si je n’ai pas ça, je me prive »

Le Niçois Jonathan Matijas, candidat de la téléréalité La villa des cœurs brisés saison 3 et ancien footballeur, est d’ailleurs devenu officiellement le parrain de l’association jeudi dernier. « Je suis très fier d’aider des causes justes [ce n’est pas la première association qu’il aide à Nice], indique-t-il. C’est important que chacun se mobilise pour ces étudiants qui se battent et qui n’ont pas les moyens. »

Kamel, le président de l'association (à gauche) avec Jonathan Majitas (au milieu) et un bénévole lors de l'officialisation de parrainage de l'ancien footballeur
Kamel, le président de l'association (à gauche) avec Jonathan Majitas (au milieu) et un bénévole lors de l'officialisation de parrainage de l'ancien footballeur - ASE

Parmi eux, Sarah, 19 ans, en licence de droit. Elle explique que l’association « l’aide beaucoup » et que sans ça, elle se « privait ». « Entre le loyer, les charges, le coût de la vie, c’est un budget trop conséquent. Et en plus, je travaille à côté », s’exclame-t-elle. Des charges mentales parfois trop lourdes qui finissent par toucher le moral des étudiants. L’un des combats de l’association est aussi d’apporter un suivi psychologique et une aide administrative, comme pour les logements.