Affaire Delphine Jubillar : Cédric Jubillar est resté constant devant les juges, ses avocats estiment que la piste du mari « est épuisée »

ENQUETE Ce vendredi, Cédric Jubillar a été interrogé durant six heures par les juges sur la nuit de la disparition de sa femme Delphine 

H.M. avec AFP
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Cédric Jubillar, le 12 juin 2021, lors d'une marche blanche pour Delphine.
Cédric Jubillar, le 12 juin 2021, lors d'une marche blanche pour Delphine. — Fred Scheiber - AFP
  • Delphine Jubillar s’est volatilisée de son domicile de Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
  • Son mari Cédric Jubillar est le suspect n° 1 des gendarmes. Il a été mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire le 18 juin 2020.
  • Ce vendredi, il était convoqué par les magistrates en charge du dossier pour revenir sur sa version de la nuit des faits et n’a pas varié dans ses déclarations selon ses avocats.

« Il est temps que la justice tourne la tête ailleurs et regarde tout ce qui n’a pas été fait ». Voilà la certitude qu’ont affiché les avocats de Cédric Jubillar, à la sortie de la deuxième audition par les juges d’instruction de leur client, mis en examen pour le meurtre de sa femme Delphine. Ils estiment que la piste du mari est « épuisée ». Cette audition, qui a duré six heures, visait à lui demander de préciser son emploi du temps pour la nuit du 15 au 16 décembre 2020, quand l’infirmière tarnaise s’est volatilisée de son domicile de Cagnac-les-Mines.

Les magistrates en charge du dossier d'enquête cherchaient notamment à l’entendre sur un créneau horaire allant de 23h07, le moment où des voisines disent avoir entendu des cris de femme, et 4h09, celui où Cédric Jubillar a appelé les gendarmes pour signaler la disparition de son épouse. Et, à en croire ses défenseurs, il s’est prêté aux questions, qui ne comportaient « aucun élément nouveau », sans dévier de ses premières déclarations.

Leur fils de 6 ans aurait entendu ses parents se disputer

« Il a répondu calmement et posément à toutes les questions qui ont pu lui être posées et qui sont somme toute les mêmes que celles qui lui avaient été posées au stade de la garde à vue. Il est resté déterminé et calme dans ses réponses », a raconté Jean-Baptiste Alary, membre du trio d’avocats.

Dans cette affaire, sans corps, ni aveux, les enquêteurs de la gendarmerie ont réuni selon le parquet « un faisceau d’indices graves et concordants ». Parmi eux, outre les cris entendus, il y a aussi les déclarations de Louis, 6 ans, l’enfant aîné du couple. Entendu la semaine dernière par les magistrates, il aurait, à nouveau, relaté une dispute entre ses parents durant la soirée du 15 décembre. « On parle de quoi, on parle de qui… D’un enfant de 6 ans que l’on vient pressuriser un an après (…) Si l’accusation en est à vouloir à tout prix faire reposer sur l’enfant des éléments d’accusation, c’est que vraiment le dossier ne tient pas », s’emporte Me Alexandre Martin. Les avocats de l’artisan plaquiste comptent déposer une nouvelle demande de remise en liberté.