Crise aux Antilles : Un gendarme blessé à Saint-Martin, couvre-feu prolongé en Guadeloupe et Martinique

ANTILLES Le couvre feu a été reconduit jusqu'au 4 décembre en Martinique et jusqu'au 7 décembre dans 21 communes de Guadeloupe, dont Pointe-à-Pitre

20 Minutes avec AFP
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Le couvre-feu a été prolongé jusqu'au 7 décembre dans certaines communes de Guadeloupe
Le couvre-feu a été prolongé jusqu'au 7 décembre dans certaines communes de Guadeloupe — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Après l’accalmie, la situation se tend à nouveau. Un gendarme a été blessé jeudi à Saint-Martin dans le cadre des violences et barrages qui bloquent depuis deux semaines les Antilles, et qui ont entraîné dans la journée la prolongation du couvre-feu en Guadeloupe et en Martinique.

A Saint-Martin, petite île qui dépend de la Guadeloupe, des affrontements ont opposé jeudi la gendarmerie à un groupe de personnes au niveau de Sandy Ground et de la Baie Nettlé, où les forces de l’ordre tentaient d’évacuer une carcasse de voiture sur la route, et un gendarme a été blessé.

En fin de matinée, à l’entrée de la Baie Nettlé, « nous avons essuyé trois salves de tirs dans notre direction », a indiqué la gendarmerie. Un membre des forces de l’ordre a reçu une balle, qui a traversé sa jambe gauche et s’est logée dans la droite. « Ses jours ne sont pas en danger », a précisé la gendarmerie.

Troubles à l'ordre public

En Guadeloupe, « compte tenu de la poursuite des troubles à l’ordre public dans certaines communes avec notamment, l’interpellation d’individus armés, la persistance de rassemblements destinés à barrer les axes de circulation, d’incendies de barrages », le préfet Alexandre Rochatte a décidé « la prorogation du couvre-feu » entre 18h et 5H « jusqu’au 7 décembre, à 5H », sur 21 communes, dont Pointe-à-Pitre, explique un communiqué.

Une décision similaire de prolongation du couvre-feu a été prise en Martinique, mais jusqu’au 4 décembre à 5H. Dans cette île, la gendarmerie a lancé jeudi une grande opération de démantèlement de tous les blocages de ronds-points.

Dix nouvelles interpellations cette nuit

« Cette nuit a été marquée par plusieurs tentatives de réinstallation d’obstacles sur les routes », comme « l’incendie d’un bus de transport scolaire volé (…) dans le but de couper la RN1 », selon la préfecture, précisant que « dix nouvelles interpellations ont eu lieu durant la nuit ».

Les élus guadeloupéens ont de leur côté rencontré pendant quatre heures le « collectif des organisations en lutte » pour tenter de sortir de la crise, mais la réunion a surtout abouti à redemander une nouvelle fois « la venue d’une mission interministérielle permettant d’obtenir des engagements fermes sur les points relevant de la compétence de l’État ou nécessitant son implication renforcée ».

« Contrairement à ce que Lecornu (le ministre des Outre-mer) dit, la quasi-totalité des points » de la plate-forme de revendication « relève de l’intervention de l’Etat, au plus haut niveau », a expliqué à la presse, Elie Domota, porte-parole pour le LKP. Les négociations avec Sébastien Lecornu, arrivé en Guadeloupe pour une visite express le 29 novembre, avaient tourné court en raison du refus des syndicats de condamner les « tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes ».

Démantèlement des blocages en Martinique

En Martinique, le ministre a promis d’ouvrir les discussions sur « l’adaptation des modalités d’application de la loi sur l’obligation vaccinale », déjà reportée du 15 novembre au 31 décembre. Dans l’île jeudi, la gendarmerie nationale a lancé une grande opération de démantèlement de tous les blocages de ronds-points. Déjà dans la nuit, gendarmes et police nationale étaient intervenus sur les sites de Mahault et de la Brasserie Lorraine, au Lamentin, donnant aux lieux des allures de guerrilla urbaine.

Selon la gendarmerie, plusieurs déblocages de ronds-points se sont cependant déroulés dans le calme, notamment celui de Fond-Lahaye, situé sur la commune de Schoelcher, qui coupaient les 20.000 habitants du Nord-Caraïbe du reste de l’île ou encore celui de Rivière-Pilote dans le sud.