Migrants : Jean Castex rejette la proposition britannique de « patrouilles conjointes » en France

DIPLOMATIE La France ne veut pas de policiers ou des militaires britanniques sur ses côtes

M.F avec AFP
— 
Si la France acceptait la proposition anglaise de "patrouilles conjointes" pour empêcher les départ de migrants en Grande-Bretagne, il pourrait y avoir des policiers britanniques sur les côtes françaises.
Si la France acceptait la proposition anglaise de "patrouilles conjointes" pour empêcher les départ de migrants en Grande-Bretagne, il pourrait y avoir des policiers britanniques sur les côtes françaises. — Alex Lentati/LNP/Shutterstock/SIPA

Jean Castex a affirmé jeudi que la France ne pouvait pas accepter que « des policiers ou des militaires britanniques patrouillent sur nos côtes ; il en va de notre souveraineté ». Cette proposition avait été formulée par Boris Johnson lors d’une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron le 25 novembre, au lendemain d’un naufrage dans la Manche qui a fait 27 morts. Cette idée de « patrouilles conjointes » sur le sol français viserait à empêcher le départ de migrants vers la Grande-Bretagne.

« Nous avons toujours accepté d’examiner et de discuter de bonne foi des propositions britanniques de renforcement de la coopération. Nous en avons accepté certaines, nous en avons décliné d’autres », a justifié le Premier ministre français dans une lettre adressée à son homologue britannique.

« Renvoyer les migrants, n’est pas une option » pour Matignon

Cette proposition de patrouille conjointe figurait également dans une lettre de Boris Johnson à Emmanuel Macron, dont la publication par le gouvernement britannique a ulcéré Paris et provoqué une nouvelle crise entre les deux pays. Dans sa lettre Boris Johnson proposait également à la France « un accord bilatéral de réadmission pour permettre le retour de tous les migrants illégaux qui traversent la Manche ».

« Renvoyer les migrants, pour nous ce n’est pas une option, ce n’est pas une manière sérieuse ou responsable d’aborder la question », a affirmé une source à Matignon sous le couvert de l’anonymat.

Jean Castex demande une réponse durable

« Plus de 700 policiers et gendarmes arpentent chaque jour la Côte d’Opale (nord), pour empêcher des embarcations de fortune de prendre la mer » vers l’Angleterre, indique Jean Castex dans sa lettre. « Une partie de ces opérations est réalisée avec la contribution financière de votre gouvernement, conformément à nos accords de coopération », rappelle-t-il.

« Cependant, ces efforts ne permettent que de contenir le phénomène, non d’y apporter une réponse durable », estime le Premier ministre français, appelant la Grande-Bretagne à mener « une politique de retour plus efficace » et à ouvrir « des voies d’immigration légale à ceux qui ont des raisons légitimes de vouloir se rendre » dans ce pays.