Rennes : Après les chauffages, les patrons de bars vont devoir ranger les barnums

COMMERCE La mesure d'interdiction doit entrer en vigueur au 1er janvier dans la capitale bretonne

Jérôme Gicquel
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Les barnums installés à Rennes, comme ici place Sainte-Anne, vivent leurs dernières heures.
Les barnums installés à Rennes, comme ici place Sainte-Anne, vivent leurs dernières heures. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A compter du 1er janvier, les barnums seront interdits sur les terrasses des bars et des restaurants à Rennes.
  • Ils devront être remplacés par du mobilier « plus esthétique » comme des parasols ou des stores.
  • A un mois de l’entrée en vigueur de l’interdiction, la profession ne semble pas tout à fait prête.

« Ça va être un beau bordel ! » Patron du P’tit Vélo, un bar de nuit de la place Saint-Michel à Rennes, Maxime Samson annonce déjà la couleur. Car dans un mois, le barnum qui trône devant son établissement devra être remballé. La mesure découle de la nouvelle charte des terrasses adoptée le 24 juin 2019 par la ville. Elle s’était déjà traduite par l’interdiction des chauffages depuis le 1er janvier 2020 pour des raisons écologiques.

Le 1er janvier 2022, ce sont désormais les barnums qui protègent les clients du vent et de la pluie sur les terrasses des bars et des restaurants qui seront interdits dans la capitale bretonne. L’argument est cette fois sanitaire, les barnums ressemblant souvent malgré leur ouverture à des fumoirs géants, mais surtout esthétique. « Ces barnums cachent le patrimoine au lieu de le révéler », indiquait à l’époque Marc Hervé, l’élu chargé du commerce.

Pour certains patrons, c’est encore le flou

Après une période de transition de deux ans pour s’adapter au nouveau règlement, les bars et restos vont donc devoir dire adieu à leurs chapiteaux et les remplacer par « des mobiliers plus esthétiques » comme des parasols, des stores ou des pare-vent. Dans certains secteurs du cœur historique comme les places Sainte-Anne, Saint-Michel ou Saint-Germain, les gérants devront également respecter certaines conditions comme l’harmonie des couleurs.

Les barnums devront être remplacés par des parasols ou des stores.
Les barnums devront être remplacés par des parasols ou des stores. - J. Gicquel / 20 Minutes

Actées sur le papier, ces nouvelles contraintes ne semblent pour l’heure pas encore bien assimilées par les principaux intéressés. « On savait que cela nous pendait au nez mais on n’a pas encore eu le temps de s’y préparer vu la période qu’on a vécue », souligne Arnaud, gérant du Tio Paquito, un bar latino situé rue Rallier du Baty. Le temps presse pourtant car tous les dossiers précisant le nouveau mobilier utilisé devront être déposés avant le 31 décembre. « Mais c’est super flou leur document, on ne sait pas trop ce qu’on a le droit d’installer ou pas, indique un cafetier de la place des Lices. Surtout que les Bâtiments de France peuvent retoquer notre dossier ».

« On est en Bretagne ici, pas dans le Sud ! »

Certains regrettent aussi le timing. « Il y a déjà toutes ces contraintes avec le Covid donc on aurait pu décaler l’entrée en vigueur », soupire un serveur de la place Sainte-Anne. Si elle n’a pas provoqué de fronde, cette mesure d’interdiction des barnums suscite par ailleurs quelques inquiétudes. « On va sûrement perdre encore quelques clients, souligne un cafetier de la rue Saint-Michel. Car on est en Bretagne ici, pas dans le Sud ! Je vois mal les clients se les cailler dehors sous un parasol les jours de vent et de pluie ». Le gérant du Tio Paquito milite ainsi pour « une tolérance des barnums au moins entre novembre et février ».

Pas opposé sur le fond à cette nouvelle réglementation « à condition qu’elle s’applique pour tout le monde », Maxime Samson réclame, lui, « de la souplesse » à la municipalité. « Ils vont être obligés car sinon ça va être un beau bordel, assure-t-il. L’instruction des dossiers va déjà prendre du temps. Avec la pénurie de matières premières, les délais de livraison sont aussi rallongés. Donc je vois mal comment tous les barnums pourront être démontés au 1er janvier ».