Lyon : La SNCF va supprimer temporairement la moitié des TER vers Grenoble et sur d'autres lignes fortes de la région

TRAINS L’entreprise assure faire face un problème de « disponibilité de matériels », de nombreuses rames étant actuellement immobilisées dans les centres de maintenance

Caroline Girardon
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illustration de TER en Rhône-Alpes. XAVIER VILA/SIPA
illustration de TER en Rhône-Alpes. XAVIER VILA/SIPA — SIPA
  • La SNCF a annoncé la réduction voire la suppression temporaire de plusieurs TER sur des lignes fortes de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • La raison : elle manque de matériels roulants, fortement endommagés ces dernières semaines, et de personnels pour les réparer.
  • La région Auvergne-Rhône-Alpes est sortie de ses gonds.

La SNCF s’apprête à diminuer de moitié le nombre de TER aux heures de pointe sur la ligne Lyon- Grenoble. Et cela pour les 15 prochains jours, au moins. La raison : « des problèmes de disponibilité de matériel », explique-t-elle à 20 Minutes précisant que d’autres lignes régionales comme Chambéry-Grenoble ou Mâcon-Lyon seront également touchées par des « réductions voir des suppressions » de rames.

Les causes sont triples, à commencer par l’effet de « saisonnalité ». Les chutes de neige ou d’arbres, ainsi que l’amas de feuilles mortes sur les rails ont « engendré une dégradation des essieux de certains wagons qui nécessite d’immobiliser les rames », précise la SNCF. Et de les envoyer dans les centres de maintenance. « Un reprofilage d’essieux c’est une journée de travail dans un atelier », indique-t-elle encore.

Embouteillage dans les centres de maintenance

Passage de gibiers, collision aux passages à niveau, accident de personnes… Le « volume des chocs » a augmenté de 60 % entre 2019 et 2021 et détérioré là encore un certain nombre de rames. Troisième problème : les centres de maintenances, où sont réparés les matériels, manquent actuellement de personnels. « Beaucoup de cas Covid ont été détectés par les personnels qualifiés, constate la SNCF. Ces trois facteurs combinés font qu’en ce moment, nous avons beaucoup plus de rames qui entrent dans les ateliers de réparation que celles qui en ressortent. »

L’entreprise nationale a indiqué qu’elle allait renforcer les équipes dans ses centres de maintenance et envoyer certaines rames dans d’autres ateliers de France pour accélérer la réparation de ses matériels.

« Situation inadmissible »

Peu convaincue par ses explications, la région Auvergne-Rhône-Alpes est sortie de ses gonds, dénonçant une « annonce du jour au lendemain inacceptable », qui vient « s’ajouter à une longue liste de dysfonctionnements ». « Cette situation est inadmissible pour les milliers de voyageurs et indigne de l’entreprise historique du transport public en France », s’emporte-t-elle dans un communiqué.

La liaison Lyon-Grenoble figure par les douze lignes dites « malades » que la SNCF avait répertorié en 2011. Dix ans plus tard, son état de santé ne s’est visiblement guère amélioré. La région Auvergne-Rhône-Alpes l’avait d’ailleurs inscrit parmi les lignes stratégiques faisant «  l’objet d’un paiement de bonus ou de malus » en fonction de la ponctualité des trains. En 2018, elle avait par ailleurs exigé de la SNCF de renforcer les effectifs de ses centres de maintenance afin de limiter l’indisponibilité de ses rames, assure-t-elle. « Le compte n’y est pas », déplore la collectivité. Et d’ajouter : « Il n’est pas possible que les voyageurs soient laissés chaque jour à quai ».

« Les responsabilités sont partagées »

Mais le syndicat Sud-Rail estime pourtant que les « responsabilités sont partagées ». Et renvoie la SNCF et la région dos à dos. « Depuis des années, les effectifs liés directement à la production fondent, au profit de postes d’encadrement. Les multiples réorganisations de l’entreprise en sont une des causes, mais la pression financière de la région est une autre explication, développe-t-il. La politique de la région, autorité organisatrice des transports, est de faire baisser les coûts quelles qu’en soient les conséquences ».

Selon le syndicat, il manque aujourd’hui 30 agents pour faire la maintenance sur les sites Lyonnais (Vaise, Vénissieux et la Mouche) et 40 contrôleurs pour accompagner les trains.