Crise aux Antilles : Les tensions persistent mais Sébastien Lecornu prêt à adapter l’application de l’obligation vaccinale

DIALOGUE Après un passage compliqué en Guadeloupe, le ministre des Outre-mer était mardi en Martinique pour trouver une issue à la crise sociale qui secoue les Antilles

20 Minutes avec AFP
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Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu lors d'une réunion avec des syndicats de Martinique, à Fort-de-France le 30 novembre 2021.
Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu lors d'une réunion avec des syndicats de Martinique, à Fort-de-France le 30 novembre 2021. — AFP

Même si la tension est toujours extrême aux Antilles, la journée de mardi a été beaucoup plus axée sur le dialogue comparée à celle de lundi. Au dernier jour de sa visite, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, s’est ainsi montré ouvert sur l’application de l’obligation vaccinale, déjà repoussée au 31 décembre.

Arrivé lundi soir en Martinique, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à sortir de la crise sociale les Antilles françaises, le ministre a rencontré à la préfecture une délégation de 20 syndicalistes et les élus locaux, après que des discussions similaires la veille en Guadeloupe ont tourné court. A Pointe-à-Pitre, le ministre avait en effet jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats ne condamnaient pas les « tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes ».

Des îles sous couvre-feu

A Fort-de-France, l’issue a été différente, le membre du gouvernement se montrant ouvert à une « adaptation de l’application de la loi » d’obligation vaccinale, qui devait initialement s’appliquer le 15 novembre dans les Antilles. Né du refus de cette obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, occasionnant violences, pillages et incendies et gagnant la Martinique où la contestation a débuté le 22 novembre. Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

« Je ne vois pas comment le 31 décembre, on pourra accepter l’obligation vaccinale telle que c’est aujourd’hui », a souligné mardi à la sortie de la réunion Serge Letchimy, président du conseil exécutif de Martinique, car « on n’atteindra pas un niveau qui permette la continuité des soins ». « Le ministre a bien compris que notre spécificité doit être prise en compte dans cette question d’obligation vaccinale », s’est réjoui Bertrand Cambusy, secrétaire général de la CSTM, syndicat à l’origine de l’appel à la grève générale, qui s’est exprimé en tant que porte-parole de l’intersyndicale.

Toujours des barrages

Avant la réunion, environ 120 personnes s’étaient rassemblées devant la préfecture, après une nuit relativement calme sur l’île. Des barrages ont toutefois été érigés, notamment sur l’autoroute, coupant l’île en deux, et un centre de traitement postal situé dans un quartier de Fort-de-France a été vandalisé, a indiqué La Poste. En Guadeloupe, la mairie de Basse-Terre a été la cible d’un début d’incendie, rapidement maîtrisé.

A Saint-Martin, autre territoire confronté depuis quelques semaines à un mouvement social, des barrages perturbaient de nouveau la circulation mardi après trois semaines d’accalmie, et des commerces ont été attaqués. A Paris, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réaffirmé la position du gouvernement consistant à refuser de « débattre avec des personnes » refusant de condamner les violences contre les forces de l’ordre.