Lyon : «Si on sent une forte opposition de l’ensemble du territoire, on renoncera au projet de télécabine », assure le Sytral

TRANSPORTS A LYON Le Sytral indique que la concertation, lancée le 15 novembre sur le sujet, sera déterminante. Bien plus que le référendum consultatif lancé par deux communes opposées à cette liaison aérienne

Caroline Girardon
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Le projet de télécabine de Lyon reste pour l'instant très contesté (illustration).
Le projet de télécabine de Lyon reste pour l'instant très contesté (illustration). — F. Tanneau/AFP
  • 95 % des habitants de Sainte-Foy-lès-Lyon et de la Mulatière se sont prononcés contre le projet de télécabine reliant Francheville à Lyon, lors d’un référendum consultatif.
  • Un caillou dans la chaussure du Sytral, qui accorde davantage d’importance aux futurs résultats de la concertation, lancée le 15 février.
  • En cas de « forte opposition de l’ensemble du territoire [métropolitain]», il se dit toutefois prêt à renoncer au projet.

Le référendum consultatif, organisé dimanche par les communes de Sainte-Foy-lès-Lyon et de la Mulatière, sur le projet de téléphérique reliant Francheville à Lyon, va-t-il rebattre les cartes ? Ou inciter les écologistes à faire marche arrière ? Pour rappel, 8.000 électeurs se sont déplacés aux urnes et 95 % d’entre eux ont émis un avis défavorable au projet. Un sacré caillou dans la chaussure du Sytral. Si le scrutin n’a aucune valeur législative, il fait toutefois figure de baromètre et constitue un indicateur important que l’organisateur du réseau de transports en commun lyonnais ne peut ignorer.

« Il y a eu tellement de désinformation sur le sujet. Je crois que les électeurs se sont déplacés parce qu’ils avaient peur que les cabines tombent sur les crèches ou les écoles, comme cela a été écrit dans certains documents », lâche Jean-Charles Kohlhaas, vice-président délégué du Sytral, pour lequel le résultat « n’est pas une surprise en lui-même ». « L’organisation adémocratique de ce référendum le laissait présager. En revanche, la vraie surprise vient de la forte participation », admet-il.

La concertation déterminante

Les élus ne s’attendaient visiblement pas à une telle mobilisation. A Sainte-Foy-lès-Lyon particulièrement, la participation de 43 % a été équivalente à celle des élections municipales, mais bien que plus importante que celles des élections métropolitaines ou régionales. De là à faire fléchir le Sytral ? La concertation préalable, lancée le 15 novembre, reste « la priorité », indique-t-il. Elle sera déterminante.

« C’est elle qui nous intéresse car il ne s’agit pas seulement d’un vote sans élément de discussion, de réflexion ou d’informations, répond encore Jean-Charles Kohlhaas. Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment le sentiment que les élus qui s’opposent à ce projet, proposent ou soutiennent des alternatives que nous soumettons dans la concertation. »

« Si l’opposition est trop forte, nous laisserons tomber »

La majorité écologiste veut « prendre le temps de discuter avec les gens » pour « enrichir », voire « modifier » son dossier. « Mais si on sent une forte opposition de l’ensemble du territoire métropolitain, on renoncera au projet, concède-t-il. Même s’il n’y a que 30 % des citoyens qui s’y opposent, je ne pense pas que ce projet serait viable ».

Les élus seront les seuls à décider in fine. En mai 2022, ils seront amenés à voter en conseil d’administration sur la suite du projet. « Si l’opposition est trop forte, et même si elle n’est pas de 51 %, nous sommes assez matures pour prendre la décision de laisser tomber », conclut Jean-Charles Kohlhaas.