Epinay-sur-Seine : Le compagnon de la femme poignardée à mort mis en examen pour meurtre

FEMINICIDE La victime était mère de deux filles

J.-L.D. avec AFP
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Une voiture de police, illustration
Une voiture de police, illustration — ALLILI MOURAD/SIPA

L’homme soupçonné d’avoir tué à coups de couteau sa compagne au pied de son immeuble vendredi à Epinay-sur-Seine ( Seine-Saint-Denis​) a été mis en examen pour « meurtre par conjoint » et écroué, a annoncé ce lundi le parquet de Bobigny. La victime​ rentrait chez elle vers 19h45 lorsque son compagnon lui a assené plusieurs coups de couteau. Son décès a été constaté une heure plus tard.

Un couteau a été retrouvé dans un buisson à proximité du lieu des faits. Le compagnon, qui s’était rendu le soir même au commissariat, a reconnu « globalement les faits » lors de sa garde à vue, selon le parquet dans un communiqué dimanche. Agé de 51 ans, il venait de sortir de prison pour des violences commises sur sa femme et a indiqué être venu l’attendre « pour discuter et récupérer des documents et effets personnels ». Il « affirme être venu sans intention » de la tuer mais avait acheté un couteau de cuisine avant le rendez-vous, avait détaillé cette source.

102 femmes tuées en 2020

Il avait été condamné le 25 juillet à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, pour des violences et des menaces commises sur sa compagne le 7 juin. Depuis juillet, cette femme disposait d’un téléphone grave danger, qui permet de joindre en urgence un service de téléassistance pour solliciter l’intervention des forces de l’ordre. Mais vendredi, l’appareil a été retrouvé à son domicile.

La victime, mère de deux filles âgées de 5 et 14 ans, avait déclenché son téléphone grave danger le 5 octobre, quand son compagnon s’était trouvé en bas de chez elle. Une partie du sursis du quinquagénaire avait alors été révoquée et il était retourné en prison. Il avait finalement été libéré le 17 novembre. Selon un récent bilan du ministère de l’Intérieur, 146 femmes ont été victimes de féminicides, c’est-à-dire tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2019, et 102 en 2020.