Lyon : Entre immaturité et arrogance, prison ferme et sursis pour trois Dalton

PROCES Trois membres supposés des Dalton ont comparu au tribunal correctionnel de Lyon, vendredi 26 novembre, pour avoir participé à un rodéo à Bron le 23 octobre. Ils ont été condamnés à des peines de prison adaptées à leur profil

Jennifer Lesieur
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Au tribunal correctionnel de Lyon, le 26 novembre.
Au tribunal correctionnel de Lyon, le 26 novembre. — J.L. / 20 MINUTES
  • Trois jeunes hommes de 19 à 20 ans étaient en comparution immédiate ce vendredi au tribunal de Lyon.
  • Accusés d’avoir organisé et participé à un rodéo urbain à Bron le mois dernier en tant que Daltons, ils ont nié faire partie de ce groupe.
  • L’immaturité ou l’arrogance qu’ils ont manifestées à l’audience a pesé sur la sévérité de leurs peines de prison.

« C’est un gamin, un gamin de 20 ans ! » a scandé Me Metaxas en désignant son client dans le box. Au tribunal correctionnel de Lyon, ce vendredi, il était autant question « d’immaturité » et de « jeunes en quête d’identité » que de « conduite dangereuse » et de « mise en danger d’autrui ». Pourtant, c’est bien pour ces derniers faits que trois jeunes hommes, âgés de 19 à 20 ans, comparaissaient après avoir participé à un rodéo à Bron, le 23 octobre dernier. Ils ont été présentés comme des membres des Dalton, ce qu’ils persistent à nier.

Le détachement de l’un d’eux a passablement agacé la présidente et son propre avocat. Mécanicien en CDI, sans casier, qui vit chez ses parents : le plus stable des trois accusés est revenu sur sa déposition avec morgue et impatience. « A la vitesse à laquelle j’allais, ils (les policiers) n’ont pas eu le temps de me voir… » Il dit s’être retrouvé dans ce rodéo « par hasard », alors qu’il a été recruté et payé par les Dalton pour tourner dans un clip, avant de réciter de mauvaise grâce : « Mon comportement n’était pas approprié ». Il a été condamné à 12 mois de prison, dont 4 fermes avec bracelet électronique.

Ni provocations, ni revendications

Son camarade, deux fois plus grand que lui, parlait d’une petite voix. Manutentionnaire depuis peu, il prétendait être allé faire de la moto, comme tous les week-ends, à Bron quand il a rejoint le cortège annoncé sur le compte Instagram des Dalton, qu’il a nié consulter : « J’en ai entendu parler par bouche-à-oreille et j’y suis allé. Ça ne se reproduira plus. » Son père, chez qui il vit, « n’est pas fier du tout, et moi non plus ». Verdict : 6 mois de sursis probatoire pendant 2 ans.

Dans le box, l’organisateur présumé dément toujours être un Dalton. S’il a été interpellé en costume noir et jaune, c’est parce qu’il trouvait ça « drôle : j’ai mis le haut, c’est tout, je n’ai pas réfléchi ». Ce qu’il pense des Dalton ? « C’est pas bien », a-t-il lâché. Déjà condamné à deux reprises, sans emploi et « handicapé » selon son avocat, il a écopé de 6 mois ferme et est retourné directement en prison.

« Des mineurs immatures » selon la défense

Au fil de l’audience, les questions d’infractions routières ont laissé place au « phénomène » Dalton. Pour Me Metaxas, « c’est une plaisanterie. Est-ce un groupe structuré ? Non. On ne doit pas tomber dans leurs provocations. Ce sont souvent des mineurs, immatures, en quête d’identité ». Condamner les Dalton, a-t-il rappelé, c’est justement ce qu’ils attendent : « Dans la BD, ce sont des bagnards ! Si vous voulez faire d’eux des martyrs, ils vont être dépassés par leur propre succès. »

L’heure n’était plus aux provocations au moment du verdict, proche des réclamations du parquet. En plus des peines de prison, les trois accusés ont interdiction de conduire des véhicules relatifs au permis A, de paraître à Bron et dans le 8e arrondissement de Lyon, et ont écopé de diverses obligations citoyennes. Les trois accusés ont reçu leur peine en baissant le nez. Comme des gamins.