Crise aux Antilles : Le gouvernement repousse au 31 décembre l’obligation vaccinale des soignants

EPIDEMIE Cette obligation vaccinale est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres sur les îles de Martinique et de Guadeloupe

M.F avec AFP
— 
Des heurts ont eu lieu en Guadeloupe pendant plusieurs jours, déclenchés par l'obligation vaccinale des soignants et le durcissement des restrictions.
Des heurts ont eu lieu en Guadeloupe pendant plusieurs jours, déclenchés par l'obligation vaccinale des soignants et le durcissement des restrictions. — Philippe Blet/Shutterstock/SIPA

Après les violentes manifestations qui se sont déroulées en Guadeloupe et en Martinique ces derniers jours, le gouvernement a décidé d’apaiser un peu les tensions. L’Etat a annoncé vendredi que la date de mise en œuvre de  l'obligation vaccinale des soignants, un des points d’origine de cette crise sociale en Outre-mer, serait repoussée au 31 décembre pour les Antilles. Le délai s’applique à « l’ensemble des soignants, salariés des établissements de santé et médico-sociaux, aides à domicile et pompiers ».

L’obligation vaccinale devait s’appliquer le 15 novembre dans les Antilles, jour de l’appel à la grève générale en Guadeloupe. Le mouvement a ensuite gagné la Martinique où la contestation a débuté le 22 novembre.

Des groupes d’écoutes et de dialogue mis en place

Dans un communiqué commun, les ministres des Outre-mer Sébastien Lecornu et de la Santé Olivier Véran ont précisé qu’un accompagnement serait proposé aux soignants de ces îles en vue de l’application de cette obligation vaccinale. Ceux qui refusent la vaccination, mais acceptent cet accompagnement ne se verront pas suspendre de leur poste « pendant toute la durée de cet échange » ont assuré les ministres.

En Guadeloupe, où le niveau de vaccination des soignants approche aujourd’hui les 90 %, des « groupes d’écoutes et de dialogue » seront mis en place à partir de lundi pour recevoir « individuellement chaque professionnel concerné par une suspension pour non-conformité à l’obligation vaccinale ». Le gouvernement a également rappelé qu’à l’heure où « une cinquième vague semble se dessiner, la protection de la santé de nos concitoyens est une priorité absolue ». Or, ajoute-t-il, « cette protection passe par la vaccination de tous les professionnels qui soignent, secourent ou accompagnent les Français, et notamment les plus fragiles d’entre eux ».