Coronavirus en Paca : Pass sanitaire ou pas, le casse-tête des mairies pour leur marché de Noël

CORONAVIRUS Annoncée par Olivier Véran, l'obligation du pass sanitaire pour accéder aux marchés de Noël n'a pas encore été publiée au « Journal officiel » mais donne des sueurs froides aux mairies

Alexandre Vella
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Le marché de Noël de Cannes, en 2020
Le marché de Noël de Cannes, en 2020 — SYSPEO/SIPA
  • Jeudi, Olivier Véran, le ministre de la Santé, annonçait que les pass sanitaires seront obligatoires pour accéder aux marchés de Noël.
  • Les mairies qui n’avaient pas prévu un marché clos ou aux accès restreints se trouvent prises de court.
  • Ce vendredi, le décret n’était cependant toujours pas publié, laissant les municipalités dans le flou.

Pass ou pas pass ? Avant les annonces d'Olivier Véran de ce jeudi visant à contenir le rebond de Covid-19, la règle était relativement simple. Dès lors qu’un marché de Noël était clos, ce dernier était alors considéré comme un établissement recevant du public (ERP) et devait exiger à l’entrée un pass sanitaire, comme le font les bars, restaurants et autres structures.

Mais voilà, « s’agissant des marchés de Noël, leur accès sera lui aussi désormais soumis au pass sanitaire », a dit le ministre de la Santé. Une déclaration qui, pour l’heure, ne s'est pas retrouvée dans les décrets publiés ce 26 novembre, mais qui a pris de court les mairies. Pas évident de changer du jour au lendemain les plans d’un marché éphémère et d’improviser une clôture. « Ça sera très compliqué », résume-t-on du côté de la mairie d’Aix-en-Provence, dont le marché de Noël occupe le cours Mirabeau, desservi par de nombreuses perpendiculaires. « Le marché est sécurisé, et le cours piétonnisé mais pas clos », explique la municipalité. Un dispositif satisfaisant pour la Direction départementale de la sécurité publique, qui veille à la sécurité de ces événements, à l’aune, entre autres, des mesures vigipirate.

Des habitants qui voudraient bien savoir

Avec ses 86 chalets, le marché de Noël de La Garde, 25.000 habitants (Var), est considéré comme le plus grand de la région. « Nous avions déjà prévu un contrôle des pass sanitaires pour la partie située place de la République », détaille la chargée des relations presse. « Mais pour la zone de l’esplanade, comprenant des jeux et autres manèges, nous n’en avions pas prévu. » Là aussi, l’incertitude règne ce vendredi, où se multiplient les échanges avec la préfecture. « On ne sait pas encore quelle direction cela va prendre et on commence à avoir pas mal de questions d’habitants qui voudraient bien savoir comment cela va se passer ».

À l’inverse, il y a des villes pour lesquelles ces annonces ne changent rien. À Cannes, Nice, ou Marseille, les marchés de Noël ont été installés dans des espaces clôturés, un peu par anticipation, mais surtout pour répondre au besoin de sécurité publique. À l’image de celui situé sur le Vieux-Port, dans un espace largement ouvert, la mairie de Marseille n’avait guère d’autres solutions que de clôturer, et donc d’imposer le pass sanitaire. Seul changement dans ces espaces, « le masque redevient obligatoire dans les zones à forte concentration », indique la préfecture. « Mais si les chiffres ne sont pas bons, il va bien falloir prendre des mesures », avertit-elle ce vendredi.

« On est un peu pris de court »

La petite commune d’Allauch, toute proche de Marseille, s’est préparée à cette éventualité. Son marché de Noël, ouvert et réparti sur tout le vieux village, se tiendra sur trois jours, du 8 au 10 décembre prochain. « Nous avons prévu des moyens supplémentaires pour contrôler le cas échéant les pass sur les différents accès », renseigne Lionel De Cala, le maire.

À Fréjus, où le maire David Rachline n’est  notoirement pas un partisan du pass sanitaire, on « veut d’abord préserver les fêtes de Noël ». La municipalité fera donc « tout pour appliquer les consignes », explique Bryan Masson, du cabinet du maire. « Mais on est un peu pris de court. Il faut mettre en place des barrières, organiser un sens de circulation et engager des moyens supplémentaires très rapidement. C’est extrêmement compliqué, ça coûte de l’argent et ce sont les communes qui supportent la charge des nouvelles restrictions, comme depuis deux ans ». En l’absence de décret rendant formellement obligatoire le pass nécessaire, les préfectures auront la main sur cette décision, et pourront faire du cas par cas.