Naufrage de migrants : Emmanuel Macron affirme que « la France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière »

IMMIGRATION Le chef de l’Etat a assuré que tout sera mis en œuvre pour condamner les responsables du naufrage en mer d’une embarcation de migrants

M.F avec AFP
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Emmanuel Macron a réagi au naufrage meurtrier de migrant dans la Manche.
Emmanuel Macron a réagi au naufrage meurtrier de migrant dans la Manche. — Christophe Ena/AP/SIPA

Emmanuel Macron s’est exprimé ce mercredi après la mort de 27 migrants qui tentaient de rejoindre la Grande-Bretagne par la mer. « La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière », a affirmé le président de la République. Selon l’Elysée, il a également demandé le « renforcement immédiat des moyens de l’agence Frontex aux frontières extérieures de l’UE ».

Le chef d’Etat réclame en outre « une réunion d’urgence des ministres européens concernés par le défi migratoire » et assure que « tout sera mis en œuvre pour retrouver et condamner les responsables » de ce drame. A ce propos, quatre passeurs suspectés d’être « directement en lien » avec le naufrage ont été arrêtés, a affirmé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. « Je veux ici dire que les premiers responsables de cette ignoble situation sont les passeurs », a ajouté le ministre à Calais appelant lui aussi à une « réponse internationale coordonnée très dure » devant ce drame « qui nous touche tous ».

Réunion d’urgence jeudi matin

De son côté, le Premier ministre Jean Castex tiendra jeudi à 8h30 une réunion interministérielle sur « les traversées de migrants dans la Manche », a annoncé Matignon. Seront présents les ministres de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de la Justice, Eric Dupond-Moretti, des Armées, Florence Parly, de la Mer, Annick Girardin, des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le secrétaire d’Etat à l’Europe, Clément Beaune, a-t-on précisé de même source.

Ce drame est le plus meurtrier depuis l'envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche, face au verrouillage croissant du port de Calais et du tunnel sous la Manche emprunté jusque-là par les migrants tentant de rallier l’Angleterre.

Macron accuse les réseaux de passeurs

« Nous sommes tous émus par cette tragédie qui heurte chacun dans son intimité et dans ses valeurs », déclare également Emmanuel Macron, en exprimant sa « compassion » et le « soutien inconditionnel de la France » aux familles des victimes. « C’est l’Europe dans ce qu’elle porte de plus profond – l’humanisme, le respect de la dignité de chacun, qui est endeuillée », ajoute-t-il.

Il met en cause les « réseaux de passeurs qui, en exploitant la misère et la détresse, mettent en danger des vies humaines et finalement déciment des familles ». « La France agit, en lien avec la Grande-Bretagne, pour démanteler les réseaux de passeurs » et « depuis le début de l’année, grâce à la mobilisation de 600 policiers et gendarmes, 1.552 passeurs ont été interpellés sur le littoral Nord et 44 réseaux de passeurs démantelés », a affirmé le président, en ajoutant que « 7.800 migrants ont été sauvés ».

« Malgré cette action, 47.000 tentatives de traversées ont eu lieu depuis le 1er janvier », selon lui. « Si nous n’amplifions pas dès aujourd’hui nos efforts, d’autres tragédies se reproduiront », prévient-il. Pour cela, « nous devons accélérer le démantèlement des réseaux criminels en lien avec la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne ». « Nous le devons aux victimes, aux orphelins, aux familles. Nous nous le devons », conclut-il.