Martinique : L’intersyndicale appelle à la levée des barrages

CRISE SOCIALE Le réseau routier est fortement perturbé sur l’île depuis l’appel à la grève générale lundi matin

20 Minutes avec AFP
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Tous les barrages ne sont pas tenus par des syndiqués, et certains pourraient rester en place.
Tous les barrages ne sont pas tenus par des syndiqués, et certains pourraient rester en place. — AFP

L’intersyndicale qui a lancé lundi un mouvement de grève en Martinique a décidé de lever les barrages pour éviter un emballement des violences, comme depuis le week-end dernier en Guadeloupe où le couvre-feu a été prolongé jusqu’au 28 novembre. « L’intersyndicale a décidé ce soir de lever les barrages », a annoncé sur Martinique La 1ère dans la nuit de mardi à mercredi Bertrand Cambusy, secrétaire général de la CSTM, un des syndicats à l’origine du mouvement.

Cet appel ne garantit toutefois pas que tous les barrages routiers soient levés rapidement, et que les heurts cessent, certains d’entre eux étant tenus par des personnes non syndiquées. Depuis lundi matin, le réseau routier est fortement perturbé, avec barrages bloquant les principaux axes routiers, notamment aux abords des grands secteurs d’activité du Lamentin, situé au centre de la Martinique, au sud de Fort-de-France.

Le parquet de Fort-de-France a ouvert une enquête mardi après que des forces de l’ordre et des pompiers ont été la cible de tirs par armes à feu lundi soir, dans un quartier populaire de Fort-de-France, sans faire de blessés. Ces violences se sont produites en marge de l’appel à la grève générale qui a débuté lundi pour dénoncer, comme en Guadeloupe, l’obligation vaccinale et les suspensions de soignants, mais aussi le coût de la vie, et les prix des carburants. Derrière cette mobilisation, 17 syndicats qui ont signé un préavis le 15 novembre dernier, en provenance de tous les secteurs économiques de l’île.

Couvre-feu prolongé en Guadeloupe

En Guadeloupe voisine, la préfecture a décidé, après une cinquième nuit de violences, de prolonger le couvre-feu jusqu’au 28 novembre dans l’île. Pour calmer la situation, Jean Castex a annoncé lundi la création d’une « instance de dialogue » afin de « convaincre et d’accompagner individuellement, humainement », les professionnels concernés par l’obligation vaccinale. Une décision qui n’a pas convaincu en Guadeloupe.

La nuit de lundi à mardi avait été marquée par des tirs à balles réelles contre les forces de l’ordre, dénoncés par les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu. Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs fait du rétablissement de l’ordre public « le préalable à toute discussion évidemment ».

Bruno Le Maire contre « le déversement de centaines millions d’euros d’aides publiques »

« La vaccination obligatoire pour les personnels soignants n’est pas négociable, le pass sanitaire n’est pas négociable non plus. On ne va pas négocier la sécurité sanitaire des Français », a pour sa part déclaré mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, interrogé sur franceInfo. Il a souligné l’importance du « fonds de solidarité » et des « soutiens publics massifs, légitimes » pour les Antilles. « J’ai parfaitement conscience des difficultés économiques, mais on ne les traitera pas dans la violence », a-t-il assuré. Pour lui, « la solution pour la Guadeloupe et la Martinique n’est pas dans le déversement de centaines millions d’euros d’aides publiques. Les habitants ne sont pas abandonnés ».

En attendant, les Guadeloupéens emploient le système D pour minimiser l’impact sur leur quotidien des blocages routiers touchant l’île depuis près d’une semaine. Jongler entre la garde des enfants et leur emploi, ils y sont habitués depuis près de deux ans : « Les écoles ont à peu près été ouvertes normalement pendant seulement six mois » entre les diverses mobilisations sociales et les confinements en raison de la crise sanitaire, explique Maëva Barret, habitante de l’île depuis onze ans.