Que sait-on des accusations d’agressions sexuelles et de viol à l’encontre de Nicolas Hulot ?

POLITIQUE L’ancien animateur d’« Ushuaïa » a annoncé se retirer « définitivement » de la vie publique alors que plusieurs femmes l’accusent d’agressions sexuelles dans un numéro « d'Envoyé spécial » qui doit être diffusé ce jeudi soir

X. R.
— 
Nicolas Hulot: Ce qu'il faut savoir sur les accusations de viol et d'agressions sexuelles — 20 Minutes
  • Visé par de nouvelles accusations d’agressions sexuelles et de viol qu’il nie farouchement, Nicolas Hulot a annoncé mercredi quitter « définitivement » la vie publique.
  • Le militant écologiste et ancien ministre dit vouloir ainsi protéger ses proches et sa Fondation des retombées du « lynchage ».
  • Nicolas Hulot a devancé la diffusion d’un documentaire télévisé qui donne la parole à des femmes l’accusant « d’agression sexuelle et même de viol ». Des accusations qu’il a démenties.

Ce mercredi, Nicolas Hulot a annoncé sur BFMTV qu’il se retirait « définitivement de la vie publique » à la suite à de plusieurs accusations d’ agression sexuelle et de viol. L’ancien ministre a immédiatement démenti ces accusations et ce, avant même la diffusion de l’émission Envoyé Spécial sur France 2 dans laquelle ces faits doivent être révélés. Nicolas Hulot a donc pris les devants, comme en 2018, avant la publication d’une enquête controversée de feu le magazine Ebdo, faisant état d’une plainte pour « viol » déposée dix ans plus tôt contre l’ex-animateur télé et classée sans suite.

A l’époque, avant la parution de l’article, celui qui était alors ministre de la Transition écologique et solidaire était allé démentir sur BFMTV tout comportement inapproprié et avait dénoncé des rumeurs « ignominieuses ». 20 Minutes replonge en 2018 et fait le point sur ces affaires.

En quoi consistent les nouvelles accusations faites à l’encontre de Nicolas Hulot ?

Quatre ou cinq femmes accuseraient d’agressions sexuelles et de viol Nicolas Hulot. Des faits remontant jusqu’à 1989, soit deux ans après le lancement de l’émission Ushuaïa. Ce mercredi, Nicolas Hulot a anticipé un reportage qui doit être diffusé dans l’émission Envoyé Spécial, sur France 2, et dans lequel plusieurs femmes témoignent contre lui. Nicolas Hulot a indiqué ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices. Quant à France Télévisions, elle n’a jusqu'ici pas révélé les informations que contient son documentaire. « Dans la foulée, pas plus parce que ma conscience ne serait pas tranquille, je quitte définitivement la vie publique tout simplement parce que je suis écœuré, fait savoir ce mercredi l’ex-animateur télé. Je quitte mon engagement et je ne m’exprimerai plus. C’est trop lourd payé. »

Que s'est-il passé en 2018 ?

En 2018, une enquête du magazine Ebdo avait révélé qu’une femme avait porté plainte pour « viol » contre l’ex-animateur élu parmi les trois personnalités politiques préférées des Français en janvier 2021. Le parquet de Saint-Malo, tout comme Nicolas Hulot, avait confirmé la plainte déposée en 2008. Cette dernière avait été classée sans suite, les actes dénoncés qui remonteraient à 1997 étant « prescrits ». La même enquête mentionnait une rumeur de harcèlement sexuel à l’encontre d’une ancienne collaboratrice de la Fondation Nicolas Hulot qui avait elle-même démenti.

L’auteure de la plainte pour « viol », qui n'a pas été nommée dans Ebdo, s'est avérée être Pascale Mitterrand, petite-fille de l’ancien président. Elle avait alors affirmé n’avoir jamais souhaité médiatiser l’affaire. De son côté, Nicolas Hulot avait déposé plainte pour diffamation contre Ebdo, avant de la retirer fin 2018. Celui qui était à l’époque ministre de la Transition écologique n’avait pas été affecté politiquement par cet article très critiqué. Il avait finalement quitté le gouvernement avec fracas en août 2018, dénonçant le manque d’avancées sur l’environnement.

Que dit Nicolas Hulot ?

Comme en 2018, Nicolas Hulot a pris les devants en allant s’expliquer sur BFMTV avant diffusion de l’enquête. Face au journaliste Bruce Toussaint, l’ex-ministre a martelé : « ces affirmations sont mensongères ». « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il assuré, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ». « Certains esprits malins vont prendre ça [son retrait de la vie publique] comme un indice de culpabilité. Non, c’est l’expression de mon écœurement », a-t-il encore anticipé.

Nicolas Hulot a également mis en avant sa notoriété, s’affichant comme une cible : « Pourquoi pérenniser une notoriété qui me fait subir ce qu’un homme peut subir de pire ? ». Et de signaler qu'il quitte également la présidence de sa fondation, souhaitant ainsi la « protéger des salissures ». Et maintenant, à quoi pourra ressembler la vie de celui qui a longtemps entretenu son image d'« écologiste préféré des Français » ? « Me mettre à l’écart de ce monde que je ne reconnais plus, a-t-il répondu. A partir de demain, tout va s’enflammer et le lynchage commencera. »