L’avocat Juan Branco mis en examen mardi à Paris pour « viol »

ENQUETE Juan Branco a été placé sous contrôle judiciaire 

20 Minutes avec AFP
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Juan Branco au Tribunal de grande instance de Paris, le 18 février 2019.
Juan Branco au Tribunal de grande instance de Paris, le 18 février 2019. — ACau/SIPA

La jeune femme, âgée de 20 ans, avait déposé une main courante au commissariat du 14e arrondissement de Paris le 29 avril. Ce mercredi, l’avocat Juan Branco a été mis en examen mardi pour « viol » par un juge d’instruction, a appris l’AFP mercredi de source proche du dossier, confirmant une information du Point. La jeune femme avait rencontré Juan Branco à la suite d’échanges sur le réseau social Instagram.

Dans cette main courante, selon Le Point, la jeune femme assurait avoir pris un opiacé, de la lamaline, avec Juan Branco. Celui-ci avait confirmé dans Touche pas à mon poste, en comparant ce médicament à du doliprane. Juan Branco avait été placé en garde à vue le 1er juin dans les locaux du 1er DPJ, puis remis en liberté en fin de journée.

Juan Branco nie toute relation contrainte avec la jeune femme

La main courante vise à signaler des faits aux forces de l’ordre mais, contrairement à une plainte, ne constitue pas une demande d’engager des poursuites. Reste que « l’intéressé a été mis en examen hier du chef de "viol". Il a été placé sous contrôle judiciaire », a confirmé à l’AFP une source judiciaire. Une enquête avait été ouverte par le parquet de Paris, confiée au premier district de la police judiciaire parisienne (1er DPJ).

Dans un long post Facebook, l’avocat et essayiste avait nié toute relation contrainte avec la jeune femme. Selon sa version des faits, après une balade dans Paris, le couple se serait rendu au domicile de Juan Branco puis aurait regardé un film avant d’avoir une relation sexuelle consentie. Le lendemain matin, la jeune femme l’aurait « embrassé » avant de partir, assurait encore l’avocat. Elle serait revenue le soir « froide et troublée » en lui annonçant qu’elle avait déposé une « main courante » sur les conseils de deux amies. Après la révélation des accusations, Juan Branco avait assuré, dans un message à la presse, que la plaignante entendait « retirer » sa main courante au plus tôt.

« Ce qu’on lui reproche est dépourvu de fondement »

L’avocat de Juan Branco, Me Yassine Bouzrou, n’a pas répondu à l’AFP mercredi. Il avait cependant indiqué dans un communiqué qu'« il est très clair que ce qu’on lui reproche [à son client, Juan Branco] est dépourvu de fondement et que cette garde à vue était abusive ». Mais le parquet de Paris a décidé de confier les investigations à un juge d’instruction.

Juan Branco est notamment connu pour un succès de librairie, le pamphlet anti-Macron Crépuscule, paru en ligne fin 2018 puis aux éditions Au Diable Vauvert/Massot en 2019. Il est devenu l’avocat de l’artiste russe Piotr Pavlenski dans l’affaire de la diffusion en 2020 de la vidéo à caractère sexuel de l’ex-porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, alors candidat à la Mairie de Paris. Juan Branco a été placé fin janvier sous le statut de témoin assisté dans cette enquête. Il fait également l’objet de poursuites disciplinaires du conseil de l’Ordre dans le dossier Griveaux.