Agriculture : Le gouvernement dévoile ce mardi des mesures contre les suicides d’agriculteurs

MAL-ETRE La « mobilisation collective » sera lancée ce mardi par les ministres de la Santé, Olivier Véran, et de l’Agriculture, Julien Denormandie

20 Minutes avec AFP
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Un agriculteur travaillant dans son champ (illustration).
Un agriculteur travaillant dans son champ (illustration). — GILE Michel/SIPA

Le triste constat est statistiquement établi : les agriculteurs se suicident plus que le reste de la population. Dans l’espoir d’enrayer ce phénomène, le gouvernement lance mardi une « mobilisation collective » avec à la clef l’augmentation du financement du remplacement des professionnels épuisés ou encore la formation de « sentinelles » chargées de détecter le mal-être.

L’exécutif avait annoncé il y a près d’un an qu’il présenterait un « plan d’action opérationnel », à la suite de la remise d’un rapport du député de la majorité Olivier Damaisin appelant à améliorer l’accompagnement des exploitants en détresse. Un rapport a aussi été publié en mars 2021 par les sénateurs Henri Cabanel (groupe RDSE) et Françoise Férat (Union centriste), qui estimaient que les politiques publiques n’étaient pas à la hauteur pour prévenir les suicides dans le monde agricole.

Au nom de la terre a contribué à la prise de conscience

Une « feuille de route » gouvernementale sera donc détaillée ce mardi, au ministère de l’Agriculture, par les ministres de la Santé, Olivier Véran, et de l’Agriculture, Julien Denormandie, ainsi que par le secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski. Parmi les « parties prenantes » présentes figureront « des bénévoles engagés au quotidien auprès des agriculteurs » et le réalisateur Édouard Bergeon. Son film Au nom de la terre, sur la dépression d’un éleveur pris dans la spirale du surendettement, avait rencontré un vif succès en salles fin 2019 et mis ce sujet sur le devant de la scène.

Parmi les mesures qui seront engagées, la « création de comités de pilotage dans chaque département », courant 2022, afin de mieux coordonner la prévention localement. L’exécutif entend aussi structurer et former des réseaux de « sentinelles », des volontaires gravitant autour des agriculteurs « à même de détecter les situations de détresse ».

Renforcement de l'« aide au répit »

Le gouvernement prévoit aussi de renforcer financièrement des dispositifs permettant de soulager les agriculteurs, notamment l'« aide au répit » (qui finance le remplacement jusqu’à 10 jours des exploitants en situation d’épuisement professionnel) et le crédit d’impôt remplacement. Au total, l’enveloppe dédiée au mal-être agricole passera de 30 à 42 millions d’euros par an.

Selon les données les plus récentes de la Sécurité sociale agricole (MSA), 529 suicides ont été dénombrés en 2016 parmi les 1,6 million d’assurés du régime agricole âgés d’au moins 15 ans (ayant droits des exploitants et salariés agricoles inclus). Chez les assurés de la MSA âgés de 15 à 64 ans, le risque de suicide était alors supérieur de 43,2 % aux assurés de l’ensemble des régimes de Sécurité sociale. Au-delà de 65 ans, le risque de suicide était deux fois plus élevé par rapport à la population de cette tranche d’âge.