Coronavirus en Martinique : Blocages et manifestation à Fort de France

EPIDEMIE Comme dans d’autres territoires d’Outre-mer, le pass vaccinal pour les soignants est la goutte d’eau qui fait déborder le vase d’une grande colère sociale

J.-L.D. avec AFP
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Une manifestation en Martinique, illustration
Une manifestation en Martinique, illustration — LOIC VENANCE / AFP

En Martinique, des blocages ont paralysé ce lundi une bonne partie de l’activité économique, et des manifestants ont défilé dans les rues de Fort de France, avec une incursion dans le village d’arrivée de la transat Jacques-Vabre.

La manifestation, à l’appel d’organisations syndicales protestant notamment contre l’obligation vaccinale des soignants, a rassemblé jusqu’à 1.300 personnes devant la préfecture, selon la police. Le mouvement s’est ensuite clairsemé alors que les syndicats attendaient une rencontre avec le préfet. Le reste du cortège s’est ensuite rendu sur le village de la transat Jacques-Vabre, célèbre course de voile dont les skippers arrivent à partir de mardi en Martinique.

Les transports en commun particulièrement perturbés

Des banderoles et des drapeaux ont été arrachés sur le site installé sur le front de mer de la ville. L’installation du village d’arrivée de la transat Jacques Vabre à Fort-de-France fait l’objet de critiques de la part de mouvements anticolonialistes. Au début du mois de novembre, le tribunal administratif de Fort-de-France a rejeté une requête du mouvement international pour les réparations (MIR) demandant la fermeture des frontières de la Martinique et l’annulation de la transat Jacques-Vabre.

Outre le blocage du port, de la raffinerie de l’île et des zones commerciales de l’agglomération de Fort-de-France, des perturbations dans l’accueil des élèves ont été observées dans plusieurs communes de l'île. Les transports en commun de la communauté d’agglomération du centre de l’île sont partiellement perturbés en raison des différents barrages, a prévenu la régie des transports du centre.

En guerre contre la vie chère

Ces blocages s’inscrivent dans le cadre de l’appel à la grève générale lancé par 17 organisations syndicales aux revendications variées parmi lesquelles on compte la fin de l’obligation vaccinale et des suspensions pour les soignants, mais aussi la hausse des salaires et des minima sociaux et la baisse des prix des carburants et du gaz. « Je condamne les violences, mais il y a une situation extrêmement éruptive dans nos pays en ce moment », a déclaré la sénatrice PS de Martinique Catherine Conconne, qui défendait lundi après-midi un amendement au projet de budget pour 2022, plaidant pour l’application temporaire d’un taux de TVA réduit sur le fret à destination de la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion.

« La vie chère constitue l’élément le plus compliqué à gérer et l’élément de récrimination le plus fort de nos populations », a-t-elle souligné. Les syndicats demandent également la prise en charge totale des tests de chlordéconémie, maladie liée au chlordécone, ce pesticide largement utilisé dans les champs de banane entre 1972 et 1993, et suspecté d’être responsable de nombreuses maladies comme le cancer de la prostate.