LGV Bordeaux-Toulouse : La Gironde refuse à son tour de financer le GPSO, mais débloque un fond pour le réseau ferroviaire local

INFRASTRUCTURES Après le Lot-et-Garonne, le département de la Gironde refuse à son tour de financer le GPSO, qui prévoit notamment une ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse, mais débloque 170 millions d’euros pour un RER girondin

M.B. avec AFP
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L'arrivée de la LGV en gare Matabiau était annoncée pour 2024 jusqu'à présent.
L'arrivée de la LGV en gare Matabiau était annoncée pour 2024 jusqu'à présent. — F. Scheiber / 20 Minutes

Le département de la Gironde, dirigé par la gauche, a décidé lundi de ne pas financer le GPSO (Grand Projet du Sud-Ouest) mais de contribuer à la place à l’amélioration du réseau ferroviaire local. Le GPSO prévoit la création de deux nouvelles lignes à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse et entre Bordeaux et Dax, en prolongement de la LGV déjà existante entre Paris et Bordeaux.

Le conseil départemental, auquel il était demandé un engagement de 281 millions d’euros pour la LGV, a adopté à une large majorité une délibération sur la création d’un « fond de concours pour le développement des lignes ferroviaires locales » de 170 millions d’euros afin de « stimuler le démarrage » d’un RER « métropolitain » ou « girondin » avec Bordeaux métropole. « Le département souhaite porter son effort seulement sur les transports du quotidien », a expliqué en séance plénière Jean-Luc Gleyze, son président PS.

Il a précisé que le département n’adhérerait pas à l’établissement public local devant être mis en place en 2022 pour financer le GPSO et veillerait aussi à ce que son argent ne soit pas utilisé par Bordeaux métropole pour financer les Aménagements ferroviaires du sud de Bordeaux (AFSB), une composante du projet de LGV.

Difficultés pour boucler le financement en Nouvelle-Aquitaine

Le projet GPSO avait été relancé en avril dernier par le Premier ministre Jean Castex, qui annonçait le déblocage de 4,1 milliards d’euros de l’Etat pour financer la partie Bordeaux-Toulouse. D’un montant de 14,3 milliards d’euros pour les deux lignes, le projet doit être pris en charge à 40 % par l’Etat, 40 % par les collectivités locales des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, et 20 % par l’Union européenne.

L’Occitanie a bouclé son financement (16 collectivités contributrices) mais des difficultés existent en Nouvelle-Aquitaine où certaines des onze collectivités sollicitées, comme le Lot-et-Garonne, refusent de financer le projet.

La question déchire aussi la majorité de gauche à Bordeaux métropole, où le président PS Alain Anziani veut affecter 354 millions d’euros au GPSO, quand son allié EELV Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, exige que cette somme ne contribue qu’à l’amélioration des « trains du quotidien » autour de la métropole.