Guadeloupe : Le déblocage des routes a commencé mais les violences se poursuivent

CRISE Des renforts de policiers et de gendarmes envoyés de métropole, notamment 50 membres du GIGN et du Raid, sont arrivés samedi soir en Guadeloupe

20 Minutes avec AFP
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Une route bloquée en Guadeloupe, le 21 novembre 2021.
Une route bloquée en Guadeloupe, le 21 novembre 2021. — Elodie Soupama/AP/SIPA

L’exécutif a décidé d’agir au plus vite en Guadeloupe​ pour remettre en place la libre circulation des personnes. Le démantèlement des barrages bloquants a ainsi commencé dès dimanche dans l’archipel où sont arrivés les renforts de forces de l’ordre partis de la métropole. La contestation est toutefois loin d’être retombée. Les violences se poursuivent en effet contraignant le rectorat à suspendre lundi l’accueil des élèves dans les écoles, collèges et lycées.

Une dizaine de barrages étaient maintenus dimanche soir sur les routes mais « le nettoyage a commencé » sur certains axes, selon Eric Dethelot, le cadre d’astreinte de Route de Guadeloupe. Les opérations vont « se poursuivre demain (lundi) », a-t-il précisé.

Des barricades tenues par « 15 à 50 personnes »

« Grâce aux forces de l’ordre présentes et aux réquisitions de la préfecture, nous avons pu dégager les axes avec des moyens plus importants comme des camions grappins, des camions bennes avec plus de tonnage », a-t-il également expliqué. « Le tout était aussi de pouvoir stocker quelque part ce qu’on ramassait, pour que cela ne se retrouve pas de nouveau sur la route juste après ». Les renforts de policiers et de gendarmes envoyés de métropole, notamment 50 membres des unités du GIGN et du Raid, sont arrivés samedi soir dans l’île.

Certains axes ont été dégagés, comme « la route des Mamelles », qui traverse le Parc national au centre de la Basse-Terre. Mais une dizaine de barrages « renforcés dans l’après-midi » restaient en place, en plusieurs points stratégiques de l’archipel. Ces barricades, faites de tôles, de conteneurs de poubelles ou d’arbres, sont tenues par « 15 à 50 personnes », souligne le colonel Jean-Pierre, du commandement de la gendarmerie de Pointe-à-Pitre. Des groupes qui peuvent « se reformer » quelques heures après avoir été dispersés, selon lui.

Au moins « trois feux ont été rallumés » et « il y a encore eu des jets de pierres sur les forces de l’ordre, sans faire de blessé ». « On ne peut pas passer partout. Il y a des bastions où il y a des patients derrière mais on ne peut pas y aller », note de son côté Patrick Portecop, directeur du SAMU Guadeloupe.

Par ailleurs, l’accueil des élèves « dans les écoles, collèges et lycées de la Guadeloupe continentale » est suspendu lundi, a annoncé le rectorat. « La situation reste incertaine concernant le trafic routier et la possibilité, pour les personnels et les élèves de se déplacer sans encombres et en toute sécurité, semble compromise à ce stade », explique-t-il. Enfin, la préfecture et la sous-préfecture, respectivement situées à Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, « seront exceptionnellement fermées » lundi, indiquent les services préfectoraux.