Pédocriminalité dans l’Eglise : Les associations de victimes « vigilantes » quant aux travaux de réforme

RELIGION Neuf chantiers ont été ouverts par les évêques de France pour lutter contre les abus sexuels sur les mineurs et revoir la gouvernance de l’Eglise

M.F avec AFP
— 
Le ruban violet est le symbole du collectif
Le ruban violet est le symbole du collectif — Gabrielle CEZARD/SIPA

Plusieurs associations de victimes de pédocriminalité dans l’Eglise catholique ont salué « avec force et espoir les premières décisions des évêques de France » de réformer l’Eglise. Réunie sous le collectif «  De La Parole Aux Actes ! », des membres du Collectif85 (victimes vendéennes), des associations « Comme une mère aimante », « Parler et revivre » ou « Sentinelle » ont assuré qu’elles suivraient de près les travaux de l’épiscopat.

Elles ont salué « la reconnaissance de la responsabilité institutionnelle de l’Eglise, de la dimension systémique de ces violences, et du devoir de justice et de réparation, qui ouvre la voie à la réparation et l’indemnisation des victimes », lors de l’assemblée plénière des évêques de France début novembre à Lourdes. Les associations approuvent la création de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) ainsi que l’abondement du fonds de financement de cette instance « par les bien propres de l’Eglise, notamment mobiliers et immobiliers », sans appel au don des fidèles.

Les associations réclament une évolution d’un droit canonique

Parmi les neuf chantiers ouverts par l’épiscopat pour lutter contre la pédocriminalité et revoir la gouvernance de l’Eglise, les victimes retiennent en particulier « le recours systématique à la justice civile », en particulier « la généralisation des protocoles entre les diocèses et procureurs », « l’audit des cellules d’écoutes » placées dans les diocèses, « la place des femmes », « la situation des adultes agressés » en situation de vulnérabilité et « la prévention ».

Mais elles réclament « urgemment » une « évolution d’un droit canonique [droit interne à l’Eglise] qui ne laisse aujourd’hui aucune place aux victimes ». « Nous comptons être actifs, participatifs et vigilants dans ces travaux, forts de notre expérience, de notre savoir et de notre engagement », affirment les membres de ce collectif, ajoutant vouloir « clairement » être « associés, dans des conditions à préparer ensemble ». Enfin elles estiment « indispensable » la création d’un « comité de suivi ouvert aux différentes parties prenantes et en particulier aux représentants des victimes ».