Marseille : Gymnases, piscines... Les profs réclament une rénovation des équipements sportifs

PRATIQUE SPORTIVE Des professeurs d’EPS de Marseille organisaient un marathon à vélo pour dénoncer l’état des infrastructures sportives de la ville

Adrien Max
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La piscine de Luminy à Marseille.
La piscine de Luminy à Marseille. — Boris HORVAT / AFP
  • Des professeurs d’EPS ont pédalé pendant 42 km dans toute la ville de Marseille pour dénoncer le manque d’équipement sportif dans la ville.
  • Face à ces difficultés, les temps d’EPS ne sont parfois que de 50 % de ce qu’ils devraient être et près de 75 % des élèves des quartiers nord ne savent pas nager.
  • La mairie exprime sa volonté de rattraper ce retard, mais cela prendra forcément du temps face à l’immense tâche.

Un duel entre la piscine de Luminy et la piscine Nord. Non pas pour savoir laquelle est la plus agréable pour y plonger une tête, mais pour déterminer celle qui est la plus emblématique de l’état de délabrement des  équipements sportifs à  Marseille. C’est le petit jeu auquel se sont prêtés plusieurs professeurs d’EPS du syndicat SNEP-FSU jeudi, en organisant un cyclothon de 42 km autour d’une quinzaine d’équipements de toute la ville pour dénoncer leur état d’abandon. Des piscines, mais aussi des gymnases comme celui de Bonneveine, dans le chic 8e arrondissement, ou celui de La Busserine, dans les quartiers Nord, et des stades.

« La piscine de Luminy est assez représentative car c’est une verrue alors qu’elle pourrait être un bijou. La piscine Nord est encore plus marquante parce qu’elle se situe dans un endroit de la ville ou près de 75 % des enfants ne savent pas nager. Dans la deuxième ville de France, bordée par la mer », s’insurge Cédric Vassenaix, secrétaire départemental du SNEP-FSU 13, syndicat majoritaire chez les profs d’EPS.

Constat partagé sur toute la ville, encore plus criant au Nord

Le manque d’équipement, et leur état de délabrement, à Marseille se symbolisent souvent à travers l’exemple des piscines, mais il est criant dans tous les domaines sportifs. « Ces installations sportives sont utilisées par les écoles, par les clubs, par les cours d’EPS. Il y a environ 10 % des équipements qui ne sont pas accessibles, et ce sont 10 % de pas grand-chose parce qu’il en manque tout simplement beaucoup », détaille Jean Cugier, co secrétaire académique du SNEP-FSU.

Les professeurs d'EPS lors de leur cyclothon pour dénoncer le manque d'équipements sportifs.
Les professeurs d'EPS lors de leur cyclothon pour dénoncer le manque d'équipements sportifs. - SNEP FSU

Un constat qui a des conséquences directes sur l’enseignement de l’EPS chez les élèves marseillais. « Quand un prof de math n’a pas d’équerre, il ne fait pas de cours de géométrie. Quand nous n’avons pas de gymnase, on est obligé de faire en fonction. Et ce n’est pas normal, les équipements sportifs doivent être vus comme des salles de classe ! Rien qu’en prenant en compte les temps de déplacements, le fait de devoir alterner les groupes par manque de terrain, les fuites d’eau qui rendent certains gymnases glissants ou bien la présence de bris de verre, il n’est pas rare que le temps de pratique soit à peine de 50 % de ce qu’il devrait être », liste le syndicaliste. Si ce constat est partagé sur toute la ville, il est encore plus criant dans les quartiers Nord.

« Volonté de rattraper ce retard »

Ce cyclothon s’est achevé devant la mairie de Marseille, où ils ont pu être reçus par Pierre Marie Ganozzi, adjoint en charge des écoles. « La réhabilitation ou la construction d’un nouveau gymnase est prévue pour chaque rénovation ou construction d’écoles dans notre Plan école. Ils seront accessibles pour les écoliers, pour les cours d’EPS et pour des associations sportives et culturelles. Nous avons la volonté de rattraper ce retard », promet Pierre Marie Ganozzi. Ce qui prendra forcément du temps, la nouvelle municipalité vient à peine de terminer le recensement de tous les équipements sportifs de la ville, près d’un an et demi après sa prise de fonction.

Les enseignants demandent d’ailleurs une rencontre, en vain, avec Sébastien Jibrayel depuis quatorze mois. Un adjoint aux sports qui était jeudi après-midi au collège Jules Ferry, où un professeur d’EPS et ses élèves se sont fait caillasser en plein cours la semaine dernière. Un autre exemple des nombreuses problématiques rencontrées pour la pratique du sport à Marseille.