Bretagne : « Il y a des tirs perdus qui sont inacceptables »… Des maires demandent un meilleur encadrement de la chasse

ACCIDENT Ils dénoncent l’inaction des pouvoirs publics après l’accident de chasse qui a coûté la vie à un automobiliste le 30 octobre près de Rennes

C.A. avec AFP
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Illustration d'un chasseur, ici dans la baie du Mont-Saint-Michel.
Illustration d'un chasseur, ici dans la baie du Mont-Saint-Michel. — P. Siccoli/SIPA

La polémique ne retombe pas. Quinze jours après l’accident de chasse qui a coûté la vie à un automobiliste de 67 ans non loin de Rennes, plusieurs maires du secteur ont pris la parole pour dénoncer « l’inaction des pouvoirs publics en matière de régulation de la chasse ». Emmenée par la maire de Laillé, déjà concernée par une attaque de chats par une meute de chiens dans sa commune en septembre, plusieurs élus ont pris la parole afin de « faire bouger les choses ». « On n’est pas antichasse, on n’est pas prochasse. Nous souhaitons faire évoluer les pratiques », a fait savoir Françoise Louapre.

Vendredi, la maire de Laillé avait interdit l'usage de la carabine sur l’ensemble de sa commune, ainsi qu’une interdiction de chasse à moins de 150 m des habitations. Selon elle, « les chasseurs eux-mêmes sont inquiets de l’utilisation de carabines de plus en plus puissantes par des chasseurs qui n’ont pas les qualifications suffisantes ». C’est un tir de carabine de calibre de 9,3 mm qui avait tué un automobiliste de 67 ans qui circulait entre Nantes et Rennes. L’auteur présumé du tir a été mis en examen pour homicide involontaire. « Il y a des tirs perdus qui sont inacceptables », estime Philippe Salmon, maire de Bruz.

« Je regrette qu’on n’ait aucune réponse »

Une centaine de personnes ont manifesté samedi après-midi devant la mairie de Laillé pour réclamer des mesures plus drastiques de limitation de la chasse. « Pour nous, [cet arrêté municipal], c’est une avancée mais ce n’est pas assez. On veut que ça aille beaucoup plus loin », a estimé Jimmy Nedellec, du collectif Forest Shepherd, qui réclame notamment un « moratoire sur la chasse dans la commune » et une interdiction de tirs à moins de 500 m des jardins.

Dans un courrier adressé au préfet et à la ministre de la Transition écologique, les mêmes élus avaient réclamé « un contrôle médical renforcé » pour tous les chasseurs, comme pour les autres sports. « On essaie de faire bouger les choses pour que l’État prenne ses responsabilités. Je regrette qu’on n’ait aucune réponse », a commenté Michel Delmolder, maire de Pont-Péan.