Marseille : Une association demande des aménagements simples et urgents pour sécuriser les abords des écoles

SECURITE Une association de parents d'élèves a mené l'enquête sur les problèmes de sécurité aux abords des écoles, avant d'interpeller ville et métropole

Caroline Delabroy
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Un panneau annonçant une école (illustration)
Un panneau annonçant une école (illustration) — RAPHAEL BLOCH/SIPA
  • L’association de parents d’élèves MPE13 a recensé les problèmes de sécurité aux abords d’une soixantaine d’écoles marseillaises, un chiffre qui selon elle ne représente pas tous les besoins puisque l’enquête se base sur ses seuls adhérents.
  • Elle a interpellé la métropole et la ville sur les aménagements simples et urgents, tels que des panneaux de signalisation, des feux de circulation ou des ralentisseurs.

EDIT : La métropole assure qu’elle reviendra vers l’association « d’ici la fin de l’année avec la programmation dans le temps d’une première série d’actions à mener ». Elle indique que les demandes « pouvant être réalisée immédiatement sans impact circulatoire ou de stationnement telles que le remplacement de panneaux de signalisation ou le marquage au sol seront mises en œuvre au plus tôt ».

Cette fois, les parents d’élèves ont voulu interpeller ville et métropole avec « des données factuelles ». L’association MPE13 a ainsi compilé près de 150 témoignages pour dresser un état des lieux de la sécurité aux abords des écoles de Marseille. Cela donne une cartographie assez précise sur les besoins de 60 écoles et quelques collèges, couvrant tous les secteurs de la ville. « C’est une fourchette basse, c’est uniquement sur la base de ce que nos adhérents nous ont fait remonter, il y a sans doute beaucoup plus d’établissements concernés », relève Séverine Gil, présidente de cette association qui, depuis sa création en 2014, est en première ligne sur le vaste sujet des écoles marseillaises.

Ecole par école, le document dresse la liste des aménagements demandés. Ici, un panneau de signalisation « Ecole », là un feu de circulation ou un ralentisseur. Quand ce n’est pas les trois cumulés. Soit « les situations les plus critiques, où il y a mise en danger de l’enfant ». « On voulait des choses très simples, rapides à réaliser, qui ne vont pas révolutionner le problème mais indiquer la présence d’enfants, indique Séverine Gil. On veut déjà mettre aux normes chaque abord d’école, même s’il faudrait à de nombreux endroits repenser la largeur des trottoirs, la voirie. »

« Pour le moment c’est l’aller simple ! »

A la métropole, MPE13 a rencontré Roland Giberti, maire de Gémenos et président du conseil de Territoire Marseille Provence. « On a demandé de connaître la liste des travaux réalisés en 2021 sur le budget voté, et de nous dire, sur la base de notre étude, ce qu’ils pouvaient faire dans l’urgence avant la fin décembre, et avant la programmation du budget 2022 », poursuit Séverine Gil. L’association attend toujours le retour promis pour le lendemain des vacances de la Toussaint. « Je parlerai de dialogue quand on l’aura, là pour le moment c’est l’aller simple », confie la présidente. Sollicité par 20 Minutes, Roland Giberti n’a pas donné suite à notre demande d’interview, de même que la métropole.

Côté ville, des initiatives ont bien été lancées, comme le dispositif « petits piétons » pour lequel la ville cherche toujours à recruter des seniors à la retraite pour sécuriser les traversées piétonnes aux entrées et sorties des écoles. Et dont beaucoup de parents attendent encore de voir la couleur des gilets jaunes. « On ne peut pas faire tenir toute une politique de sécurisation avec un dispositif comme ça, on attend un plan de sécurisation d’envergure », lance Séverine Gil, qui ne cache pas non plus « l’incivilité de certains parents automobilistes qui se garent n’importe où », voire grillent systématiquement le feu et mettent en danger les parents piétons et leurs enfants.

La « rue aux enfants » dans le plan école d’avenir

« Les situations, les écoles problématiques, on les connaît », assure de son côté Sophie Guérard, élue en charge de la place de l’enfant dans la ville, qui relève que « 90 % des problématiques dépendent de la métropole ». « L’aménagement de la « rue aux enfants » va entrer dans le plan école d’avenir », explique-t-elle, espérant avoir ainsi davantage la main sur le sujet.

A terme, « l’idée est de semi-piétonniser en pendulaire, aux horaires d’entrées et de sorties des écoles, quand c’est possible », explique-t-elle. Avant cela, elle souhaite mettre en place « une signalisation aux abords des écoles commune à toute la ville », avec notamment une coloration du mobilier urbain, et la limitation de la vitesse à 30 km/h, « quand cela est possible ». Sans avancer encore de date précise pour cette première phase.