Immolation par le feu d'un étudiant à Lyon : Deux ans après, Anas poursuit sa rééducation et assure vivre « une vie heureuse »

PRECARITE ETUDIANTE Le 8 novembre 2019, Anas Kournif s’était immolé par le feu devant un bâtiment du Crous afin de dénoncer la précarité. Il s’était retrouvé brûlé au troisième degré sur 75 % du corps

Caroline Girardon
— 
Rassemblement de plus de 1000 personnes devant le Crous de Lyon en soutien a l'etudiant stephanois, Anas, brule a 90% apres son immolation le vendredi 8 novembre car dans une precarite financiere trop importante pour vivre suite au non-renouvellement de sa bourse. Son geste politique veut denoncer la misere de notre societe et la montee de l'extrÃ"me droite - 12.11.2019 - Flore Giraud//04SIPA_CROUS115053/1911121828/Credit:Flore Giraud/SIPA/1911121836
Rassemblement de plus de 1000 personnes devant le Crous de Lyon en soutien a l'etudiant stephanois, Anas, brule a 90% apres son immolation le vendredi 8 novembre car dans une precarite financiere trop importante pour vivre suite au non-renouvellement de sa bourse. Son geste politique veut denoncer la misere de notre societe et la montee de l'extrÃ"me droite - 12.11.2019 - Flore Giraud//04SIPA_CROUS115053/1911121828/Credit:Flore Giraud/SIPA/1911121836 — Flore Giraud/SIPA
  • Il y a deux ans, Anas Kournif avait tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu devant un bâtiment du Crous.
  • Deux ans après, il a donné de ses nouvelles sur les réseaux sociaux.
  • L’étudiant, qui est en troisième année de licence en sciences politiques, savoure le fait de retrouver petit à petit « un corps normalisé ».

Le 8 novembre 2019, dans un geste désespéré, Anas Kournif s’était immolé par le feu devant un bâtiment du Crous de Lyon afin de dénoncer la précarité étudiante. Après avoir passé cinq mois dans le coma, le jeune homme brûlé au troisième degré sur 75 % du corps, a entamé une longue rééducation. Deux ans après, il donne de ses nouvelles sur les réseaux sociaux à l’occasion de ce qu’il appelle son « acciversaire ».

« Je vis une vie heureuse », assure-t-il, expliquant avoir entamé lundi sa première chirurgie plastique. « C’est le début de la reconstruction. On m’a mis des expandeurs cutanés, des ballons qu’on gonfle progressivement et qui servent à étendre la zone de cheveux et de peau saine pour, à l’avenir, compenser les imperfections de la première prise en charge au visage », détaille-t-il, précisant avoir perdu « environ un tiers de son intestin ».

En troisième année de licences en sciences politiques

L’étudiant savoure le fait de retrouver « une peau hyper douce » : « c’est agréable de revenir progressivement vers un corps normalisé ». Malgré ses nombreuses hospitalisations et opérations, Anas a pu poursuivre son cursus universitaire et se trouve actuellement en troisième année de licence en sciences politiques à Lyon 2.

Le jeune homme explique également s’être lancé sur Twitch, où il parle de « politique » sur « fond de jeux et de vidéos ». Il envisage d’ailleurs de consacrer un cycle d’émissions sur la brûlure au cours desquelles il inviterait l'« ensemble des personnels », des brancardiers aux chirurgiens, en passant par les ASH et les rééducateurs.

« Je milite moins, c’est un fait, mais c’est plus lié à une déconnexion progressive au terrain qu’à autre chose, distanciel oblige », conclut-il.