Saint-Martin : Des manifestants bloquent une partie de l’île avec des barrages routiers

COLERE SOCIALE Selon le Collectif des manifestants, le « chômage, la pauvreté, la discrimination à l’embauche » sont les sources de la colère qui agite cette île des Antilles

20 Minutes avec AFP
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Des habitants de Marigot, sur l'île de Saint-Martin, font face à la police lors des manifestations de 2019 (illustration).
Des habitants de Marigot, sur l'île de Saint-Martin, font face à la police lors des manifestations de 2019 (illustration). — Florianne Amblard

La tension est vive à Saint-Martin. Deux axes majeurs de la partie française de l’île antillaise sont bloqués par des barrages depuis jeudi, des résidents et des touristes étant régulièrement victimes de racket pour poursuivre leur chemin.

Les barrages, situés dans le nord et sud de l’île, obligent les automobilistes et les professionnels à effectuer d’importants détours en passant par la partie hollandaise de l’île. Le préfet a condamné des agissements « aux méthodes discriminatoires ».

Les mots du préfet qui ne passent pas

Depuis début septembre, la situation s’est tendue, avec des mobilisations et des blocages. Pour Lenny Mussington, porte-parole du Collectif des manifestants, le « chômage, la pauvreté, la discrimination à l’embauche » sont les ingrédients de la colère qui agite les secteurs de Sandy Ground et Quartier d’Orléans depuis jeudi.

Selon le porte-parole, la gronde qui anime ces quartiers est aussi née des propos prononcés par le préfet le 22 octobre lors d’une conférence de presse. S’exprimant sur les blocages aléatoires de l’île organisés en signe de protestation à la mise en place du pass sanitaire, Serge Gouteyron avait qualifié de « petits tyrans manipulateurs » et de « trafiquants » ceux qui tentaient d’entraver les routes. « Au lieu de dialoguer (…), il a choisi une autre stratégie, celle de criminaliser les jeunes, je dirais même les Saint-Martinois », estime Lenny Mussington.

Des professionnels du tourisme inquiets

Dans un communiqué, le préfet a condamné les tentatives de blocages à Quartier d’Orléans et à Sandy-Ground, dénonçant des actions qui « nuisent gravement à l’image de la "Friendly Island" », surnom de l’île, et « bafouent les valeurs essentielles de la République ». Pour leur part, les acteurs du tourisme s’inquiètent des éventuelles retombées négatives sur une saison touristique qui s’annonçait bonne après les années difficiles de l’ouragan Irma et de la crise sanitaire.