Présidentielle 2022 : « Les enjeux écologiques et d’égalité seront au cœur des préoccupations des jeunes »

INTERVIEW En perspective de la campagne présidentielle, Salomé Berlioux, directrice générale de Chemins d’avenir *, lance ce mercredi une série de podcasts sur les jeunes

Propos recueillis par Delphine Bancaud
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Salomé Berlioux, la directrice de Chemins d'avenir
Salomé Berlioux, la directrice de Chemins d'avenir — Hannah Assouline
  • Salomé Berlioux, directrice générale de Chemins d’avenir (une association qui accompagne les jeunes de la France périphérique *), lance ce mercredi une série d’une trentaine de podcasts intitulés Place aux jeunes, en partenariat avec 20 Minutes et Ouest-France.
  • Une démarche qui vise à donner la parole à une pluralité de jeunes, afin de mieux les mêler au débat public et de lutter contra l’abstention, qui pourrait être très forte en 2022.

Les jeunes sont un réservoir de voix important pour les candidats à la présidentielle. Et pourtant, ces derniers ne les connaissent pas bien. Forte de ce constat, Salomé Berlioux, la directrice générale de Chemins d’avenir (une association qui accompagne les jeunes de la France périphérique *), lance ce mercredi une série d’une trentaine de  podcasts intitulés Place aux jeunes, en partenariat avec 20 Minutes, qui pilote la communauté #moijeune, et Ouest-France.

Ces entretiens d’une quinzaine de minutes seront diffusés une fois par semaine et seront complétés, une fois tous les deux mois, par un débat entre une personnalité et plusieurs jeunes âgés de 15 à 25 ans. L’occasion de découvrir leur vision de la société, leurs convictions, leurs récits intimes… Salomé Berlioux explique sa démarche à 20 Minutes.

Votre podcast « Place aux jeunes » donne la parole à des personnes âgées de 15 à 25 ans qui vont raconter leur quotidien et dévoiler leurs convictions. Estimez-vous qu’elles ne sont pas assez audibles en cette période de précampagne électorale ?

Oui, car j’ai l’impression que la jeunesse est sur toutes les lèvres ces derniers mois, mais que ce sont surtout les aînés qui parlent en son nom. Ils évoquent une génération désenchantée ou sacrifiée. Et les seuls jeunes que l’on entend dans le débat public sont les syndicalistes étudiants ou ceux qui sont déjà bien insérés dans la société.

Avec ce podcast, j’ai voulu faire entendre les voix de tous les jeunes dans le débat public : étudiant d’une petite ville, élève en décrochage scolaire, jeune en situation de handicap, jeune multipliant les contrats précaires, khâgneuse, fils d’agriculteurs souhaitant reprendre l’exploitation de ses parents…

Ils vous confient des choses assez intimes. Avez-vous eu du mal à la convaincre de témoigner ?

Pour identifier des profils très différents, j’ai sollicité plusieurs associations de terrain, implantées partout en France. Ces jeunes étaient emballés de pouvoir parler de leur parcours et de leurs aspirations. Leurs discours sont plus positifs et dynamiques que ce que les lieux communs véhiculés sur eux font croire.

Les instituts de sondage prédisent une abstention très forte des jeunes lors de la présidentielle. Le fait de leur donner la parole est-il un moyen de les impliquer davantage dans le jeu démocratique ?

Oui, car ils ont le sentiment que leurs préoccupations sont prises en compte et on envie de davantage s’impliquer dans la vie publique. Je les interroge sur le rôle du président de la République selon eux, les politiques publiques qu’ils voudraient voir appliquer… Mais je ne les ai pas interrogées sur leurs intentions de vote.

J’ai juste constaté que la majorité de ceux que j’ai interrogés comptait aller voter et s’intéressait à la chose publique. Sans surprise : les enjeux écologiques et d’égalité hommes-femmes seront au cœur de leurs préoccupations pour cette campagne. Les candidats devront leur apporter des réponses sur ces sujets.

Votre association, Chemins d’avenirs, coache des jeunes de zones rurales et de petites villes. Risquent-ils de se sentir exclu de la campagne électorale ?

Ils sont restés pendant très longtemps dans l’angle mort des politiques publiques. Mais depuis deux ou trois ans, les choses bougent. Le mouvement des « gilets jaunes » a notamment mis en lumière les attentes de la France périphérique. Et chaque semaine, nous recevons des demandes d’interviews de jeunes à l’association. Mais il reste encore à supprimer beaucoup de freins qui entravent leur parcours scolaire et professionnel. Il faut leur donner confiance en eux, leur permettre d’accéder à des offres de stages ou d’emploi auxquels ils n’ont pas accès, faute de réseau.

* Chemins d’avenir informe, accompagne et promeut les collégiens, lycéens et étudiants de la France périphérique, notamment en leur proposant un système de parrainage.