Un agent de sécurité mieux payé qu'une infirmière ? Gare à ces captures trompeuses

FAKE OFF La différence de salaire entre deux offres d'emploi au sein d'un même établissement hospitalier suscitent l'indignation sur Twitter

Alexis Orsini
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Une infirmière au CHU de Purpan (Haute-Garonne), en novembre 2020. (illustration)
Une infirmière au CHU de Purpan (Haute-Garonne), en novembre 2020. (illustration) — FRED SCHEIBER/SIPA
  • Sur Twitter, deux captures d'écran suscitent de vives réactions depuis quelques jours.
  • Elles montrent une différence de salaire de plus de 300 euros entre deux offres de recrutement du Centre hospitalier de Cornouaille, le poste d'agent de sécurité étant mieux rémunéré que celui d'infirmier.
  • L'établissement explique à 20 Minutes qu'il s'agit d'une erreur de saisie, l'une des annonces indiquant un montant brut et l'autre un salaire net, et que les infirmiers sont mieux rémunérés que les agents de sécurité incendie. 

« Quelle crise sanitaire peut amener un hôpital à payer un agent de sécurité 300 euros de plus qu’une infirmière ? »

Cette question circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, accompagné de deux captures d’écran émanant du centre hospitalier de Cornouaille (Finistère). On y voit deux offres d’emploi : l’une proposant 1.908 euros par mois à un « agent de sécurité », et l’autre 1.606 mensuels à un « infirmier diplômé d’Etat ».

De quoi provoquer un flot de critiques d’internautes indignés, à l’instar de ce tweet viral : « Une photo vaut plus que 100 discours pour expliquer la pénurie de personnels soignants et pour démontrer que ce n’est pas parce qu’on a des diplômes qu’on est bien payé ! Epoque de fous ! »

FAKE OFF

Ces deux offres d’emploi sont authentiques : elles ont été publiées par le Centre hospitalier de Cornouaille respectivement le 25 octobre (pour le poste infirmier) et le 8 novembre (pour l’agent de sécurité) sur le site de recrutement de la Fédération hospitalière de France, où elles étaient encore consultables à la publication de cet article.

L’annonce du poste infirmier précise que la rémunération indiquée fait référence au « salaire basique sans variable de paye comme le dimanche par exemple » tandis que la fiche de poste de l’agent de sécurité concerne plus précisément un « agent de sécurité incendie sécurité SSIAP [Service de sécurité incendie et d’assistance à personne] de niveau 1 ou 2 ».

Comme l’explique le Centre hospitalier de Cornouaille à 20 Minutes, cet écart de salaire relève en fait d’une erreur administrative : « La rémunération infirmière saisie sur le site de recrutement l’a été en indiquant le net, alors qu’elle aurait dû l’être en brut. Si elle avait été exprimée en brut, comme l’autre annonce, elle se situerait au-dessus de celle de l’agent de sécurité incendie. »

« En considérant un exercice professionnel un week-end sur deux, nous sommes à environ 2.090 euros par mois en brut. A cela peut s’ajouter d’autres éléments comme l’exercice de nuit par exemple », poursuit l’établissement.

Un salaire moyen brut de 2.197 euros pour les infirmières de ce centre hospitalier

En outre, le Centre hospitalier de Cornouaille précise que « le salaire moyen d’une infirmière diplômée d’Etat titulaire du Centre hospitalier est à ce jour de 2.917 euros brut avec ce même calcul d’élément variable de paie ». Une rémunération à laquelle « peut s’ajouter la prime de service, encore en vigueur pour 2021, calculée en fonction du présentéisme de l’agent et de celui des autres agents titulaires », qui s’élèverait à 2.566 euros par an en cas de non-absence collective. « Si bien que le salaire moyen, brut, du [Centre hospitalier], avec cette prime mensualisée, se situe à 3.130 euros ».

Quant au salaire proposé pour l’agent de sécurité incendie, il se situe dans l’ordre de grandeur réglementaire rappelé par l’Institut de prévention apprentissage et sécurité d’Avignon sur son site, soit entre 1.606 euros brut pour un Ssiap 1 et 1825,66 euros brut pour un Ssiap 2.