Cannes : « Le but était de tuer du flic ce matin… » Un policier attaqué à l’arme blanche

ENQUETE Gravement blessé par des tirs de riposte, l’assaillant aurait indiqué avoir agi « au nom du Prophète »

Thibaut Chevillard et Fabien Binacchi
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Un policier a été attaqué lundi matin à l'arme blanche devant le commissariat de Cannes par un homme indiquant agir ''au nom du Prophète''
Un policier a été attaqué lundi matin à l'arme blanche devant le commissariat de Cannes par un homme indiquant agir ''au nom du Prophète'' — Fabien Binacchi

Un policier a été attaqué lundi matin par un homme de 37 ans qui l’a frappé avec une arme blanche devant le commissariat de Cannes, a appris 20 Minutes de sources policières. Selon nos informations, l’assaillant, qui a été « neutralisé » par les tirs des agents sur place, aurait indiqué avoir agi « au nom du Prophète ».

Selon les premiers éléments de l’enquête, le suspect s’est présenté vers 6h30 devant le commissariat, situé à environ 500 m du palais des festivals et de la Croisette. Il a prétexté avoir un renseignement à demander au policier qui se trouvait à l’arrière d’un véhicule stationnée devant les locaux. Lorsque ce dernier a ouvert la fenêtre, il l’a frappé au thorax avec un couteau. Par chance, la lame n’a pas traversé le gilet pare-balles.

Des policiers « choqués mais pas blessés »

Il a ensuite fait le tour du véhicule pour s’en prendre à la cheffe de bord. Deux autres fonctionnaires sont sortis de la voiture et ont ouvert le feu dans sa direction à plusieurs reprises. L’agresseur, gravement blessé, a été transporté à l’hôpital de Cannes. Son pronostic vital est engagé.

Un policier a été attaqué lundi matin à l'arme blanche devant le commissariat de Cannes par un homme indiquant agir
Un policier a été attaqué lundi matin à l'arme blanche devant le commissariat de Cannes par un homme indiquant agir - Fabien Binacchi

Les policiers sont « choqués mais pas blessés », nous indique une source proche du dossier. « Les collègues ne sont pas blessés physiquement mais un drame a été évité de peu », déplore Laurent-Martin de Frémont, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP-police FO. « Le but était de tuer du flic ce matin. »

Une enquête a été ouverte, confiée pour le moment à la police judiciaire de Nice, pour tenter d’apporter des précisions sur l’agresseur et ses motivations. La piste d’acte de nature terroriste est étudiée. Mais pour l’heure, le Parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi des faits, assure à 20 Minutes une source judiciaire.


L’assaillant est un ressortissant algérien de 37 ans, « qui vient régulièrement » en France, a déclaré le ministre de l’Intérieur qui s’est rendu sur place dans la matinée. En possession d’un titre de séjour italien, il était « en règle sur le territoire national », a souligné Gérald Darmanin, précisant que cet homme « qui travaillait » n’est « inscrit dans aucun fichier de radicalisation ». Une perquisition s’est déroulée au domicile connu de l’assaillant, dans un immeuble d’une impasse située dans un quartier populaire de Cannes, à moins de 15 minutes à pied du commissariat. Des policiers de la BRI étaient sur place.

Une perquisition est menée au domicile connu de l'assaillant, dans un quartier populaire de la ville
Une perquisition est menée au domicile connu de l'assaillant, dans un quartier populaire de la ville - ANP / 20 Minutes

« Maintenant je suis choquée »

Dans le quartier, les témoins de la scène sont encore sous le choc. « J’ai entendu un coup de feu je crois, des cris et j’ai vu tout un tas de voitures de police et de secours arriver. J’étais confuse. Je me demandais ce qui était en train de se passer. Je n’ai pas tout de suite compris. Maintenant je suis choquée. J’étais toute seule à ce moment. Je faisais ma mise en place », raconte à 20 Minutes Var, barista dans le café qui fait directement face au commissariat.

« On sait qu’on est dans une ville contrastée, où le risque existe. Il n’y a pas eu de montée particulière du risque dernièrement », explique de son côté David Lisnard, le maire LR de Cannes. « On n’est pas surpris mais ce n’est pas pour ça qu’il faut banaliser. »