Remontées mécaniques : Masque obligatoire et pass sanitaire si la situation épidémique se dégrade, annonce Castex

EPIDEMIE Ces mesures seront prises si le taux d’incidence national dépasse les 200 cas pour 100.000 habitants, a annoncé Jean Castex lors d’un déplacement en Haute-Savoie

B.D. avec AFP
— 
Des skieurs sur un télésiège au Lac Blanc, le 29 janvier 2019 à Orbey, dans l'est de la France.
Des skieurs sur un télésiège au Lac Blanc, le 29 janvier 2019 à Orbey, dans l'est de la France. — Frederick FLORIN / AFP

Le port du masque sera obligatoire dans les files d’attente des remontées mécaniques et les télécabines des stations de ski, et le pass sanitaire le deviendra aussi si le taux d’incidence national dépasse les 200 cas pour 100.000 habitants, a annoncé ce samedi Jean Castex lors d’un déplacement en Haute-Savoie. Ce protocole sanitaire est destiné selon le Premier ministre à « garantir » la tenue d’une « saison digne », après un dernier hiver très difficile pour le secteur de la montagne avec la fermeture des remontées mécaniques à cause de l’épidémie du Covid-19.

Alors que la nouvelle saison de ski démarre progressivement, le gouvernement a donc retenu l’option d’un protocole renforcé de port du masque dans les télécabines et en extérieur dans les files d’attente et lieux de brassage. Une distanciation sera également imposée dans les files d’attente des remontées, « avec des contrôles aléatoires ». Une fois installé sur le télésiège, on pourra enlever le masque à l’air libre. Ce protocole doit entrer en vigueur en début de semaine prochaine, a indiqué le secrétaire d’État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.

« Garantir la sécurité sanitaire des skieurs et l’accomplissement de l’activité » des stations

Le pass sanitaire n’est à ce stade pas requis pour monter en haut des pistes. Mais il pourrait le devenir si la situation sanitaire continue à se dégrader, alors que l’épidémie connaît un regain certain depuis quelques semaines. L’exécutif a décidé de fixer le seuil de déclenchement où le pass deviendra obligatoire, à un taux d’incidence de 200 cas pour 100.000 habitants au niveau national. Car « vous accueillez un public venu de partout », a indiqué Jean Castex à des élus et acteurs locaux lors d’une réunion au Grand-Bornand.

« C’est un bon équilibre, compte tenu de ce que sont par ailleurs les taux de vaccination », a déclaré Jean Castex. « Il garantit la sécurité sanitaire des skieurs et l’accomplissement de l’activité » des stations, a-t-il ajouté, avant un discours au 88e congrès des maires de Haute-Savoie à La Roche-sur-Foron.

Le gouvernement a donc retenu l’option d’un protocole renforcé de port du masque dans les télécabines, ces structures étant fermées, et en extérieur dans les files d’attente et lieux de brassage. Une distanciation sera également imposée dans les files d’attente des remontées, « avec des contrôles aléatoires ». Une fois installé sur le télésiège ou le téléski, à l’air libre, les skieurs pourront tomber le masque. Avec ce distinguo, « le gouvernement reconnaît que les remontées mécaniques ne sont pas un lieu de contamination », se félicite auprès de l’AFP Dominique Thillaud, directeur général de la Compagnie des Alpes, qui gère de nombreuses stations de ski alpines (La Plagne, Tignes, Val d’Isère, Méribel…).

Saison noire

« On prend la nouvelle. Ca nous rassure mais en étant très prudent », a réagi Antoine Fatiga, délégué syndical CGT chargé des saisonniers pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. « On voit bien aujourd’hui que les évolutions se font au jour le jour. On préfère attendre peut-être mi-décembre pour en savoir plus. » En créant « un halo de sécurité et de réassurance pour les visiteurs », selon Dominique Thillaud, le gouvernement veut tourner la page de la douloureuse saison 2020-2021. Si les logements étaient restés accessibles, les remontées mécaniques étaient restées fermées tout l’hiver, alors que la Suisse les avaient laissé fonctionner normalement malgré un rebond de la pandémie.

L’Etat a débloqué environ 650 millions d’euros pour indemniser ces remontées mécaniques, en soutien au secteur du tourisme de montagne en hiver, qui représente 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 120.000 emplois directs pour les 325 stations de France, qui accueillent 10 millions de touristes dont un tiers en provenance de l’étranger.

Un secteur qui peut cette fois miser sur « une très bonne saison », estime Jean-Baptiste Lemoyne, malgré le regain d’incertitude sanitaire. « Nous espérons nous approcher le plus possible de la saison d’avant-Covid pour rattraper cette année catastrophique que nous avons vécue », s’est projeté sur LCI Alexandre Paulins, président de Domaines skiables de France, la chambre professionnelle des opérateurs des pistes. « C’est une excellente nouvelle parce qu’on a une vision dans la durée », a-t-il aussi dit à propos du protocole annoncé. « Maintenant on sait que les stations ne fermeront pas et c’est le point absolument clé pour pouvoir déclencher des réservations pour toute la saison », s’est félicité M. Thillaud. Parmi les élus, Éric Fournier, maire de Chamonix et conseiller régional proche de Laurent Wauquiez (LR), a salué un « signal fort, clair et net ».

Ces derniers jours, le taux d’incidence est repassé au-dessus de la barre des 60 cas pour 100.000 habitants en France. Par ailleurs 76,1 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin.