Coronavirus à Cannes : Le maire réclame l’annulation de l’obligation du port du masque en extérieur

COVID-19 David Lisnard (LR) estime que cette mesure est « contraignante et inepte », « inutile sur le plan sanitaire », « incohérente » et « indécente »

Fabien Binacchi
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Le maire LR de Cannes David Lisnard, le 27 août 2021
Le maire LR de Cannes David Lisnard, le 27 août 2021 — SYSPEO/SIPA
  • Selon le maire de Cannes, l’obligation du port du masque en extérieur est « inutile sur le plan sanitaire », « hormis […] sur les marchés », d’autant plus qu’elle est « non appliquée avec rigueur et non contrôlée par les forces de l’ordre ».
  • Le tribunal administratif de Nice a au contraire estimé que « la mesure apparaît nécessaire, adaptée et proportionnée à l’objectif de sauvegarde de la santé publique ».

Pour le maire de Cannes, il est temps de libérer du port du masque en extérieur. Alors que la préfecture des Alpes-Maritimes a renouvelé, mardi et au moins jusqu’au 16 novembre, cette mesure dès lors qu’il y a « une concentration de personnes », David Lisnard (LR) réclame, lui, son annulation. Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, Il la juge « contraignante et inepte ».

Selon l’élu, cette obligation est « inutile sur le plan sanitaire », « hormis dans les secteurs à très forte densité humaine statique, comme sur les marchés », et d’autant plus qu’elle est « non appliquée avec rigueur et non contrôlée par les forces de l’ordre ». Il l’estime aussi « incohérente, puisqu’il est imposé un port inutile du masque en plein air alors que, et c’est logique, il n’est pas porté en intérieur dans les salles de restauration ».

« Nombre d’images de dirigeants nationaux s’exonérant des règles »

David Lisnard avance également le fait qu’elle serait « indécente en ce qu’elle contraint péniblement le grand public, quand parallèlement nous voyons nombre d’images de dirigeants nationaux s’exonérant des règles qu’ils imposent aux autres ». Et de viser directement Emmanuel Macron en citant notamment une « scène ostentatoire du président de la République s’affichant au milieu de centaines d’invités en train de s’étreindre et de chanter en chœur après un match de football de gala ».

« “Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires” nous a appris avec sagesse Montesquieu », conclut David Lisnard qui s’est lui-même appliqué ce précepte. Au printemps 2020, l’élu avait lancé des opérations de désinfection de l’espace public, y compris du sable des plages, contre l’avis du Haut conseil de santé publique. Ce dernier dénonçant ces mesures « devant l’absence d’argument scientifique » et « au regard des impacts environnementaux potentiels ». L’élu ne les avait finalement pas renouvelées.

Mesure « nécessaire, adaptée et proportionnée » selon la justice

Au contraire, le port du masque obligatoire en extérieur serait bien nécessaire selon la préfecture. Elle explique que le taux d’incidence, le nombre de cas de Covid-19 pour 100.000 habitants (à 59 mardi dans les Alpes-Maritimes), est toujours « supérieur au seuil d’alerte de 50 » fixé par le gouvernement. Il est même en train de remonter. Les services de l’Etat considèrent donc que cette obligation « est de nature à limiter le risque de circulation du virus dans l’espace public caractérisé par une concentration de personnes ». Et la justice lui a donné raison.

Sollicité début octobre par des particuliers qui demandaient déjà son annulation, le tribunal administratif de Nice avait considéré que « la mesure apparaît nécessaire, adaptée et proportionnée à l’objectif de sauvegarde de la santé publique ».