Conseil de l’Europe : Retrait d’une campagne européenne controversée célébrant « la liberté dans le hijab »

POLEMIQUE Des affiches du Conseil de l’Europe, cofinancées par l’Union européenne, ont fait réagir tous les bords politiques en France

20 Minutes avec AFP
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Une femme portant un hijab dans une rue de Bruxelles (illustration).
Une femme portant un hijab dans une rue de Bruxelles (illustration). — Daina Le Lardic / Isopix

Face à la polémique qui gonflait en France, le Conseil de l’Europe a finalement décidé de faire machine arrière. Une campagne célébrant la diversité et « la liberté dans le hijab » a été retirée mardi par l’organisation.

Lancée le 28 octobre par le Programme pour l’inclusion et la lutte contre les discriminations du Conseil et cofinancée par l’Union européenne, cette campagne proposait des portraits de plusieurs jeunes femmes, voilées sur une seule moitié de l’image. Un message en anglais indiquait notamment : « beauty is in diversity as freedom is in hijab » (« la beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab »).

Zemmour, Le Pen et Dupont-Aignan tirent à boulets rouges

Passée dans un premier temps inaperçue, elle a fini par déclencher une vive polémique. « L’islam est l’ennemi de la liberté. Cette campagne est l’ennemie de la vérité », a ainsi tweeté le polémiste Eric Zemmour, dénonçant un « djihad publicitaire ». « Cette communication européenne en faveur du voile islamiste est scandaleuse et indécente alors que des millions de femmes se battent avec courage contre cet asservissement », a lancé de son côté Marine Le Pen. « Ceci n’est pas une campagne de propagande des Frères musulmans mais du Conseil de l’Europe », a pour sa part ironisé le député Nicolas Dupont-Aignan.

A droite, Valérie Pécresse a elle aussi fait part de sa « stupeur », estimant que le voile n’était « pas un symbole de liberté mais de soumission ». Le député LR des Alpes-Maritimes  Eric Ciotti a lui dénoncé une « promotion du voile islamique » et une « négation de nos racines judéo-chrétiennes, de notre civilisation, de l’esprit des Lumières ». Quant au chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, il a estimé que le Conseil de l’Europe promouvait « désormais ouvertement la soumission aux mœurs islamistes ».

« Désapprobation » au gouvernement

La campagne a également fait réagir à gauche, l’ancienne ministre des Droits des femmes, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, estimant que « dire que la liberté est dans le hijab » revenait à « en faire la promotion ». L’ancien Premier ministre, Manuel Valls, l’a lui jugée « choquante, ahurissante et dangereuse ». Au sein du gouvernement, la secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse Sarah El Haïry a indiqué sur LCI que la France avait « fait part de sa désapprobation extrêmement vive, d’où le retrait de cette campagne ».

« Ces tweets ont été retirés et nous allons réfléchir à une meilleure présentation de ce projet », a confirmé le Conseil de l’Europe. Ils « faisaient partie d’un projet conjoint » du Conseil et de l’Union européenne « contre la discrimination, dont l’objectif était de sensibiliser à la nécessité de respecter la diversité et l’inclusion et de combattre tout type de discours de haine ». Les tweets « reflétaient les déclarations faites de manière individuelle par des participants dans l’un des ateliers du projet et ne représentent pas la position du Conseil de l’Europe ou de sa Secrétaire Générale » Marija Pejčinović Burić, a encore assuré l’organisation.