Accident de chasse près de Rennes : Des maires réclament des mesures et un contrôle médical « pour garantir la sécurité »

CHASSE Un automobiliste a été touché par un tir de calibre 9,3 mm alors qu’il circulait en voiture sur la quatre-voies entre Nantes et Rennes

Camille Allain
La chasse aux canards, dans la Somme. (Illustration)
La chasse aux canards, dans la Somme. (Illustration) — Florence Durand / SIPA
  • Près de Rennes, un automobiliste a été grièvement blessé par le tir d’un chasseur alors qu’il circulait sur une quatre voies très fréquentée entre Nantes et Rennes.
  • Plusieurs maires du territoire ont écrit aux autorités afin de réclamer des mesures pour encadrer la pratique.
  • La prolifération des sangliers interroge également les élus de ce territoire rural, souvent confronté aux réclamations des agriculteurs.

Elle avait été particulièrement touchée par la médiatisation soudaine de l’attaque de plusieurs chats par une meute de chiens de chasse dans sa commune en septembre. Cible de menaces et d’attaques par des militants anti-chasse, la maire de Laillé a vu un nouvel accident dramatique se produire sur sa commune ce week-end.

Alors qu’il circulait en voiture sur la RN157 reliant Nantes à Rennes, un homme de 67 ans originaire du Maine-et-Loire a été très grièvement touché par un tir de calibre 9,3 mm. Un chasseur âgé de 69 ans, soupçonné d’être à l’origine du tir, a été mis en examen lundi. Sa victime était toujours entre la vie et la mort ce mardi. Mais l’accident continue de faire parler tant il a choqué. D’abord parce qu’il intervient dans un contexte où la pratique est de plus en plus contestée. Mais aussi parce que les accidents, s’ils demeurent relativement rares, sont davantage médiatisés.

C’est dans ce contexte de forte division que cinq maires de la périphérie sud de Rennes ont décidé d’écrire aux responsables politiques, de la ministre de la Transition énergétique Barbara Pompili au député local Gaël Le Bohec en passant par le préfet de Bretagne Emmanuel Berthier. Françoise Louapre, maire de Laillé, s’est associée aux maires de Bruz, de Pont-Péan, d’Orgères et de Noyal-Châtillon-sur-Seiche pour signer cette lettre ouverte afin de « prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité publique » des concitoyens.

Un contrôle médical renforcé

Les élus réclament notamment « un contrôle médical renforcé » pour tous les chasseurs, peu importe la catégorie d’arme. Comme pour les activités sportives, « il nous semble indispensable que la pratique soit davantage contrôlée » et ce « même si elle n’est pas considérée comme un sport ». Les élus souhaiteraient qu’un permis de chasse différent puisse être demandé selon l’arme utilisée. Samedi, le conducteur a été touché par un tir de carabine, dont la portée peut atteindre deux kilomètres.

Souvent en première ligne des conflits entre riverains et chasseurs, les maires sont régulièrement sollicités par les agriculteurs de leur territoire. Ces derniers, dépités de voir leurs cultures de maïs ravagées par les sangliers, demandent souvent l’organisation de battues, comme c’était le cas lors de l’accident impliquant des chats à Laillé. « Cette surpopulation de sangliers, de plus en plus abondante année après année, devient un enjeu de sécurité publique et de perte de la biodiversité. Les animaux causent des dégâts agricoles de plus en plus importants sur nos communes et le département. L’évolution de la taille des animaux pose également question », soulèvent les cinq maires. Pour y faire face, les chasseurs doivent faire grandir leurs meutes, augmentant les risques de non-maîtrise.

Ce nouvel accident intervient après que le candidat EELV à la présidentielle Yannick Jadot a dit vendredi vouloir interdire la chasse pendant le week-end et les vacances scolaires. A Rennes, une enquête a été ouverte pour tenter de comprendre les circonstances du drame qui a frappé cet automobiliste.