Toulon : Touché par un incendie, le sous-marin nucléaire « Perle » a regagné sa base après 10 mois de travaux

DEFENSE La remise en état du « Perle » est un élément important de la stratégie de la Marine, qui se fonde sur la présence de six sous-marins nucléaires d’attaque

20 Minutes avec AFP
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Le sous-marin Perle en 2005
Le sous-marin Perle en 2005 — ALESSANDRO ABBONIZIO / AFP

Le sous-marin nucléaire d’attaque Perle, ravagé en 2020 par un incendie et réparé à Cherbourg, a retrouvé dimanche sa base de  Toulon pour la reprise de travaux d’entretien interrompus par le sinistre, avant son retour dans « le cycle opérationnel » au premier semestre 2023.

Le navire semi-submersible Rolldock Storm qui a convoyé le sous-marin depuis Cherbourg s’est amarré peu avant midi dans une zone sécurisée de la base navale de Toulon, a indiqué à la presse le capitaine de Vaisseau Thibault Lavernhe, porte-parole du préfet maritime.

Il rejoindra la semaine prochaine le grand bassin Vauban de l’Arsenal pour la mise à l’eau du submersible qui sera ensuite conduit dans un autre bassin, la darse Missiessy, pour la poursuite du chantier IPER (indisponibilité période pour entretien et réparation) interrompu par l’incendie en 2020.

Un véritable Lego

Le feu, vraisemblablement provoqué par un éclairage qui avait consumé une feuille de plastique en vinyle, avait considérablement endommagé l’avant du sous-marin alors vidé de ses armes, équipements électroniques et de combustion nucléaire.

Les travaux menés pendant dix mois à Cherbourg ont consisté à souder l’arrière du Perle à l’avant d’un autre sous-marin de la même classe, le Saphir, désarmé en 2019. Il a également fallu connecter entre les deux quelque 130 câbles électriques et 70 tuyaux. Un véritable Lego à 110 millions d’euros qui a allongé sa taille d’un mètre et a alourdi de 68 tonnes son poids total de 2.700 tonnes en plongée, a précisé le commandant Lavernhe pour qui il s’agit maintenant « de reprendre l’histoire où on l’avait laissé » avant l’incendie.

Le chantier IPER réalisé tous les dix ans consiste à redonner du potentiel à la propulsion nucléaire du navire en le rechargeant en uranium, à contrôler ses installations, son armement constitué de torpilles et de missiles anti-navires, son système de combat et sa propulsion.

La détection des incendies renforcée

La remise en état du Perle est un élément important de la stratégie de la Marine qui se fonde sur la présence de six sous-marins nucléaires d’attaque dont l’une des missions est d’appuyer les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) mais aussi d’escorter le porte-avions Charles-de-Gaulle, éléments clefs de la dissuasion française.

Or, actuellement seuls quatre d’entre eux sont opérationnels. Pour pallier ce décalage, la durée de vie du sous-marin Rubis, mis en service il y a quarante ans et qui devait s’arrêter en 2021, a été prolongé jusqu’à fin 2022. Le sous-marin Suffren, premier d’une nouvelle génération, doit quant à lui être mis en service courant 2021.

« Dorénavant, il est prévu une meilleure coordination entre la chaîne de secours mise en place par l’industriel et celle de l’armée et de la Sécurité civile pour lutter contre la propagation du feu en cas d’incendie », a par ailleurs indiqué le commandant Lavernhe. « Les systèmes de détection d’incendie ont été renforcés. Enfin, le service de soutien de la flotte [SSF] opérera des contrôles de prévention durant le chantier », a-t-il ajouté.