LGV Bordeaux-Toulouse : « Egoïsme », « combat d’arrière-garde », les élus d’Occitanie taclent l’opposition d’Hurmic

TRANSPORT Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, ont pointé du doigt la réaction « égoïste » du maire de Bordeaux qui a signifié son opposition à la LGV

Béatrice Colin
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Le 4 octobre 2017, mobilisation des acteurs de la région Occitanie pour obtenir la réalisation des LGV Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan.
Le 4 octobre 2017, mobilisation des acteurs de la région Occitanie pour obtenir la réalisation des LGV Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. — Lydie Lecarpentier - Région Occitanie
  • Jeudi, le maire de Bordeaux a redit son opposition à la LGV Bordeaux-Toulouse, parlant d’un « projet insensé ».
  • Une prise de position qui a soulevé une vague de critiques du côté de l’Occitanie, en particulier du maire de Toulouse et de la présidente de la région.
  • Les deux édiles ont critiqué la position « égoïste » de Pierre Hurmic, rappelant que les collectivités d’Occitanie avaient participé au financement du tronçon de la LGV entre Paris et Bordeaux.

« L’heure est grave. Il faut tout mettre en œuvre pour arrêter ce projet insensé qu’est la LGV, qui avait été solennellement enterrée par le président Macron en 2017 ». En prenant position contre le projet de LGV entre Bordeaux et Toulouse, le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, a réussi à unir contre lui des élus de droite et de gauche d’Occitanie.

Au premier rang desquels son homologue de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) ainsi que la présidente de la région Occitanie, Carole Delga (PS). Les deux ont toujours été d’ardents défenseurs de l’arrivée de la LGV en gare Matabiau, pro-actifs pour faire du lobbying auprès du gouvernement pour qu’il fasse avancer le projet, un temps tombé en disgrâce pour son coût.

« Le problème des écolos, c’est qu’ils sont contre le métro, contre la LGV, contre l’avion »

Tous les deux n’ont pas hésité à monter au créneau. « J’ai trouvé ça assez égoïste, parce qu’en réalité, il y a quelques années, la LGV est arrivée à Bordeaux, à partir d’un tronçon entre Tours et Bordeaux, il se trouve que nous, les gens de Toulouse, on a payé à hauteur de 300 millions d’euros, ce n’est pas rien, pour participer à la desserte LGV de Bordeaux. Pourquoi ? Parce que c’était conçu comme une étape, et que l’engagement a été pris à l’époque par les pouvoirs publics qu’il y aurait ensuite naturellement entre Bordeaux et Toulouse », a indiqué Jean-Luc Moudenc au micro de Sud Radio.

Ce dernier a fustigé « une déclaration polémique qui sonne comme un combat d’arrière-garde », ajoutant que « le problème des écologistes, c’est qu’ils sont contre le métro, contre la LGV, contre l’avion ».

LGV nécessaire aux trains du quotidien selon Delga

Carole Delga a aussi vertement critiqué les « petits égoïsmes » du maire EELV. « Parce que c’est facile quand on est maire de Bordeaux, quand on est à deux heures de Paris, d’expliquer aux autres qu’ils n’ont pas besoin d’être proches » de la capitale, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Alors que Pierre Hurmic a plaidé pour une relance des trains du quotidien, cette dernière a rappelé que la LGV était une nécessité les développer. « Je me dresse aussi contre ces raccourcis fallacieux qui consistent à dire qu’il suffirait de faire des travaux sur la ligne existante. C’est complètement incohérent avec la volonté de développer les trains du quotidien parce qu’aujourd’hui la ligne Montauban-Toulouse est complètement saturée et nous ne pouvons même pas ajouter un train supplémentaire. Dans trois ans, il en sera de même jusqu’à Agen. Nous avons besoin d’une LGV pour être reliés à Paris et à l’international mais nous avons aussi besoin d’une LGV pour développer les trains du quotidien et le RER au nord de Toulouse », répond l’élue socialiste.

Alors que le financement de la ligne est en train d’être voté et que toutes les collectivités d’Occitanie se sont d’ores et déjà prononcées pour, ses édiles espèrent que la métropole bordelaise, dirigée par le socialiste Alain Anziani, favorable à la LGV, se prononcera aussi favorablement.