Lyon : L’ENS accusée de négligence face à plusieurs cas de violences sexuelles

RAPPEL A L'ORDRE Une enquête sur des violences sexuelles et sexistes au sein de l’École normale supérieure (ENS) de Lyon depuis 2017 a conclu que la présidence de l’établissement « n’avait pas suffisamment pris la mesure du problème »

J. Le. avec AFP
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L'Ecole Normale Supérieure de Lyon, dans le 7e arrondissement.
L'Ecole Normale Supérieure de Lyon, dans le 7e arrondissement. — PHILIPPE MERLE / AFP

Suite à des révélations de violences sexistes et sexuelles à l’ENS de Lyon, une enquête a été menée au printemps par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR).

Une synthèse du rapport, publiée mercredi 27 octobre par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, accable la négligence de l’établissement face à ces cas.

Sur 27 cas, une seule procédure disciplinaire

L’enquête a permis de reconstituer « une liste anonymisée de 27 situations de violences sexuelles et sexistes, dont la première remonte à 2017 ». Neuf cas « relèveraient de la qualification de viol », indique la synthèse en précisant que les victimes sont des étudiantes, à l’exception d’un cas masculin. « Les personnes mises en cause sont pour la moitié d’entre elles des étudiants. Pour l’autre moitié, de cinq enseignants (ENS ou hors ENS), de cinq autres personnels de l’ENS, de quatre personnes extérieures ou non identifiées. »

La présidence de l’ENS n’était informée que de 15 de ces situations, et « hormis une situation très récente, sur les 14 situations traitées par la présidence, une seule a donné lieu à une procédure disciplinaire, relèvent-ils. Toutes les autres sont demeurées sans décision formalisée de la part de l’ENS. »

Un manque de cohérence et d’empressement à agir

Selon le rapport d’enquête, « le manque de cohérence dans le traitement des situations, le peu d’empressement à agir, a conduit à une impossibilité de clôturer les instructions » et « a contribué à construire un sentiment d’incertitude, de peur et de défiance qui s’est installé chez les victimes présumées et a entretenu un climat social délétère. »

En 2017, une commission égalité et des groupes de travail avaient vu le jour au sein de l’école pour accompagner les victimes. Mais le dispositif avait fait long feu, « dans un climat de tension ». Les inspecteurs ont relevé qu'« une nouvelle démarche » de lutte contre les violences sexuelles et sexistes était à l’œuvre. « Nous sommes résolument mobilisés pour poursuivre les démarches de prévention et de lutte » contre ces violences, a réagi la présidence de l’ENS.